30 juin 2017 / 13:14 / il y a 3 mois

France-Le gouvernement à l'heure des choix budgétaires

* 4 à 5 mds d‘euros d‘économies pour un déficit à 3% fin 2017

* Sérieux budgétaire à concilier avec les promesses de campagne

* Pas de hausse du point d‘indice des fonctionnaires l‘an prochain

par Myriam Rivet

PARIS, 30 juin (Reuters) - Le gouvernement pourrait revoir le calendrier des réformes fiscales promises par Emmanuel Macron afin de contenir les déficits comme la France s‘est engagée à le faire, après les conclusions sévères de l‘audit réalisé par la Cour des comptes.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, s‘est engagé à contenir le déficit à 3% du PIB à la fin de l‘année, après 3,4% fin 2016, et à mettre “un terme à la spirale de l‘augmentation continue de nos déficits”, après la publication du rapport.

La Cour a prévenu que la France ne pourrait revenir sous la limite européenne de 3% en fin d‘année qu‘au prix d‘une “action vigoureuse et rapide” et d‘un effort conséquent sur les dépenses.

Les arbitrages budgétaires permettant de réaliser les économies supplémentaires nécessaires seront discutés lors du séminaire qui réunira l‘ensemble du gouvernement à Nancy (Meurthe-et-Moselle) ce vendredi en soirée et samedi.

“Les Français n‘attendent pas qu‘on leur raconte une jolie histoire, ils attendent qu‘on leur dise la vérité, quel chemin on compte emprunter”, explique-t-on à l’Elysée.

“On considère depuis trop longtemps nos concitoyens comme des enfants à qui il faudrait cacher une partie de la vérité parce qu‘elle serait trop dure à comprendre”, ajoute-t-on.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a salué vendredi l‘engagement d‘Edouard Philippe à assurer le retour à 3% par des économies.

“La France est tout près des 3%”, a dit l‘ex-ministre des Finances sur franceinfo, rappelant que le respect de cet engagement était une question “de crédibilité économique et de crédibilité politique”.

2018 DÉJÀ DANS LE VISEUR

“On y est presque, donc là il faut y aller et de ce point de vue-là j‘approuve ce que dit le Premier ministre, c‘est-à-dire le fait que les économies seront faites”, a-t-il ajouté.

Au-delà de la confirmation des deux à trois milliards d‘euros d‘annulation de crédits effectuées par le précédent gouvernement, l‘exécutif va devoir réaliser quatre à cinq milliards d‘économies supplémentaires au cours du second semestre pour atteindre cet objectif.

Les huit milliards d‘euros “de chèques en bois” dénoncés par Edouard Philippe jeudi représentent le dérapage par rapport à la cible de 2,8% du précédent gouvernement, accueillie avec scepticisme par le Haut conseil des finances publiques (HCFP) et qui était plus optimiste que les prévisions des grandes organisations internationales.

Outre les arbitrages budgétaires sur ces économies, le gouvernement va devoir décider des modalités de mise en oeuvre des réformes fiscales qu‘Emmanuel Macron comptait mettre sur les rails en 2018, comme la suppression de la taxe d‘habitation, la réforme de l‘ISF ou la baisse de l‘impôt sur les sociétés.

Les parlementaires s‘apprêtent à discuter des orientations budgétaires pour l‘an prochain et la Cour des comptes a prévenu que le casse-tête allait encore se compliquer en 2018. Les dépenses devraient en effet accélérer en raison de décisions du précédent gouvernement, comme le plan d‘urgence pour l‘emploi et les recrutements dans la police et l‘armée.

GEL DES SALAIRES DES FONCTIONNAIRES

Premier levier actionné pour ne pas faire croître les dépenses de l‘Etat l‘an prochain : le gel du point d‘indice des fonctionnaires annoncé jeudi par le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, et dénoncé par les syndicats.

Cette mesure, qui figurait parmi les suggestions de la Cour pour maîtriser les dépenses, représente une économie d‘environ deux milliards d‘euros par an. Mais d‘autres économies, voire des reports de certaines dépenses, seront nécessaires.

“Les fonctionnaires ne seront pas les seuls à payer”, a dit Gérald Darmanin vendredi sur BFMTV en précisant que les engagements de la campagne d‘Emmanuel Macron seraient tenus “sur la durée du quinquennat”.

Le ministre de l‘Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a déjà entrouvert la porte à un décalage de la transformation du CICE en baisse des cotisations pour les entreprises, en déclarant vouloir “ouvrir des discussions avec les entrepreneurs” avant de lancer cette réforme.

La stratégie de redressement budgétaire et le calendrier des réformes seront présentés mardi par le Premier ministre lors de son discours de politique générale à l‘Assemblée, au lendemain d‘un discours d‘Emmanuel Macron devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles.

La France s‘est vu accorder trois délais depuis 2009 pour ramener son déficit public sous le seuil de 3% du PIB. Pour espérer sortir de la procédure de déficit excessif, elle devra afficher un déficit contenu sous cette barre deux années de suite. (avec Elizabeth Pineau, Jean-Baptiste Vey et Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below