28 juin 2017 / 13:46 / dans 6 mois

Les propos de Draghi surinterprétés par les marchés-sources

SINTRA, Portugal, 28 juin (Reuters) - Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne BCE), voulait signaler que celle-ci pouvait tolérer une période d‘inflation plus faible et non pas annoncer un resserrement imminent de sa politique monétaire, lors de propos tenus mardi et qui ont eu pour effet de déclencher une envolée de l‘euro, a-t-on dit mercredi, de sources au fait des intentions de Draghi.

La BCE s‘est refusé à tout commentaire.

L‘euro a atteint un pic d‘un an à plus de 1,1360 dollar et le rendements de l‘emprunt allemand à 10 ans a atteint son plus haut niveau depuis un mois, à la suite des propos tenus hier au Portugal par Mario Draghi.

Les sources ont ajouté que Draghi voulait prendre acte des récents indicateurs économiques positifs et préparer le marché à une décision cet automne sur l‘avenir du programme de 2.300 milliards d‘euros de rachats d‘obligations sans s‘engager pour autant.

Il a également voulu signaler que la BCE n‘assouplirait pas automatiquement sa politique monétaire à la suite du ralentissement en cours de l‘inflation, attendue à 1,2% en juin et qui devrait osciller autour de ce taux l‘an prochain.

Au contraire, la banque centrale est prête à donner plus de temps à l‘inflation pour atteindre l‘objectif qu‘elle s‘est fixé, à savoir un taux d‘un petit peu moins de 2%, même si cela fait quatre ans qu‘elle en reste éloignée.

Le discours de Draghi était parsemée de réserves, ce qui sous-entend aussi que la BCE reste disposée à assouplir à nouveau sa politique monétaire si les conditions de financement se durcissent en réaction, par exemple, à un euro plus fort ou à des rendements plus élevés aux Etats-Unis et en Europe, ont dit les sources.

“Les marchés n‘ont pas tenu compte des réserves contenues dans le discours de Draghi”, a dit l‘une d‘entre elles.

Les traders y ont vu le signe que la BCE se préparait à démanteler progressivement son programme de rachats d‘actifs dès janvier, alors qu‘il s‘agit d‘une décision qui doit encore être discutée par les responsables de la BCE et qui dépendra en dernier ressort de l‘inflation et des indicateurs économiques des mois à venir. (Francesco Canepa, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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