23 juin 2017 / 16:01 / dans 3 mois

SALON-Europe-Le chantier titanesque d'un nouvel avion de combat

par Andrea Shalal

PARIS, 23 juin (Reuters) - Des discussions sont engagées en Europe concernant la construction d‘un nouvel avion de combat, selon deux sources proches du dossier, un projet susceptible de coûter bien plus que les 10 milliards d‘euros et plus de l‘Eurofighter, dernier chasseur en date ayant fait l‘objet d‘une coopération européenne.

Malgré les multiples problèmes auxquels l‘Europe est confrontée, il existe une volonté politique en Europe de coopérer davantage en matière de défense et de sécurité et de ne pas laisser le marché des avions de combat aux seuls Etats-Unis.

“Nous travaillons déjà au Système d‘armes de prochaine génération, lancé par l‘Allemagne mais qui suscite un fort intérêt en Espagne et dans d‘autres pays, dans le cadre d‘un concept plus large incluant aussi des aéronefs sans pilote”, avait dit Fernando Alonso, patron de la division aviation militaire d‘Airbus, lors d‘un point de presse donné avant le salon du Bourget.

“J‘espère vraiment que la France y participera car il est à l‘évidence de l‘intérêt de tous de trouver une solution commune”.

Airbus représente l‘Allemagne et l‘Espagne dans le programme Eurofighter, auquel participe aussi la Grande-Bretagne par l‘intermédiaire de BAE Systems et l‘Italie via Leonardo .

La France s‘est toutefois retirée du projet assez tôt en raison d‘un désaccord sur le partage des tâches, tandis que Dassault Aviation développait de son côté le Rafale.

On ne sait pas trop quel rôle pourrait jouer le suédois Saab dans la nouvelle initiative. Ce dernier construit le chasseur Gripen de son côté, lequel est en service en Suède, en Afrique du Sud et en Hongrie notamment.

Un diplomate français a souligné qu‘il était évident qu‘aucun pays européen n‘avait les moyens de concevoir seul un avion de combat à l‘heure actuelle. “Cette époque est révolue; point final”, a-t-il dit.

Même le F-35 de l‘américain Lockheed Martin a été développé avec des fonds provenant de Grande-Bretagne et d‘autres pays.

Volker Thum, directeur général de la fédération allemande des industries de l‘aéronautique et de l‘espace, a dit que la coopération franco-allemand était “l‘élément clé d‘un accord qui s‘impose de toute urgence” sur le projet.

Selon lui, l‘arrivée du président Emmanuel Macron au salon du Bourget en A400M témoignait de son engagement dans la coopération européenne.

Fernando Alonso a précisé que les mises à jour et modernisations diverses appliquées à l‘Eurofighter lui permettront de voler jusqu‘aux années 2040, voire plus, mais des appareils plus anciens comme l‘européen Tornado ou l‘américain F/A-18 qui équipe l‘Armée de l‘air espagnol devront bientôt être remplacés.

Au vu du budget et de la durée impliqués par le projet, élaborer une “alternative purement locale au F-35” est l‘un des défis majeurs de l‘Europe en matière de défense, a dit l‘analyste Richard Aboulafia.

Mais il est sceptique, en raison du Brexit et des désaccords existant entre Etats membres de l‘Union européenne. “A priori, ils ne pourront pas s‘entendre”, estime-t-il, évoquant la difficulté qu‘il y a à aborder toute question militaire en Allemagne et le fait que la Grande-Bretagne est en train de virer vers les Etats-Unis. (Avec Tim Hepher, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Cyril Altmeyer)

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