21 juin 2017 / 14:42 / il y a 3 mois

GRAPHES-Zone euro-Le risque politique rattrape la dette des pays "coeur"

par Abhinav Ramnarayan

LONDRES, 21 juin (Reuters) - Les rendements de la dette des pays du “coeur” de la zone euro, parmi les mieux notés, après être longtemps restés très proches les uns des autres, divergent de plus en plus en raison d‘incertitudes politiques qui poussent les investisseurs à différencier des pays pourtant considérés comme les plus solides après l‘Allemagne.

Les dettes souveraines de la France et de l‘Italie ont subi au cours des derniers mois le contrecoup de risques politiques qui se sont depuis dissipés, réduisant la prime réclamée par les investisseurs pour les détenir plutôt que de la dette allemande, jugée moins risquée.

L‘attention des investisseurs s‘est tournée vers les pays “coeur”, dont plusieurs peinent à se doter d‘un exécutif stable après des élections indécises.

La dette souveraine des Pays-Bas, qui bénéficie pourtant d‘une notation “triple A” à l‘instar de celle de l‘Allemagne, est ainsi sous pression depuis quelques semaines alors que les discussions en vue de la formation d‘une coalition gouvernementale sont toujours dans l‘impasse plus de trois mois après les élections législatives du 15 mars.

“Nous avons souligné dès le début de l‘année que les négociations en vue de former une coalition gouvernementale seraient difficiles aux Pays-Bas, et le risque d‘élections anticipées plane toujours sur le pays”, a dit Daniel Lenz, stratégiste à la DZ Bank.

“Même s‘il finit par y avoir un gouvernement minoritaire, il est important de continuer à surveiller la situation: il sera très difficile de conduire des réformes”, a-t-il ajouté.

Conséquence de cette incertitude prolongée: l‘écart de rendement entre la dette souveraine des Pays-Bas et celle de l‘Allemagne, qui ne dépassait pas cinq points de base mi-mai, atteint désormais 20 points.

L‘écart entre les rendements souverains à 10 ans des Pays-Bas, de la Finlande et de l‘Autriche a longtemps été très faible, bien que ces deux derniers pays soient notés un cran en dessous du premier.

Il s‘est élargi à environ 20 points de base au cours des dernières semaines, un niveau qu‘il n‘avait dépassé que lors de la crise des dettes souveraines au sein de la zone euro de 2011-2012 et pendant quatre jours en avril 2016.

En Finlande, l‘opposition a demandé la démission du gouvernement en estimant que le Premier ministre, Juha Sipilä, ne disposait plus d‘un soutien suffisant après avoir exigé le départ de la coalition gouvernementale de la formation populiste et eurosceptique des Vrais Finlandais qui avait porté à sa tête le tenant de l‘aile radicale du parti, connu pour ses positions anti-immigration.

En Autriche, le Parti de la Liberté (FPÖ, extrême droite) a de nouveau le vent en poupe dans les sondages et pourrait faire partie de l‘exécutif après les élections anticipées d‘octobre.

“Beaucoup d‘investisseurs ont mis le risque politique de côté à l‘approche de l‘été et après le retour au calme en France et en Italie mais à l‘approche des élections, il pourrait revenir en force”, a dit Daniel Lenz.

Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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