16 juin 2017 / 07:48 / il y a 2 mois

Villeroy (BdF) appelle à la finalisation des règles de Bâle

PARIS, 16 juin (Reuters) - Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a plaidé vendredi pour la finalisation d'un accord sur les nouvelles règles prudentielles internationales connues sous le nom de Bâle III, tout en affichant son opposition à la fixation d'un plancher d'"output floor" à 75%.

Alors qu'un rapport du Trésor américain publié lundi propose de repousser ou de modifier les réformes bancaires élaborées à la suite de la crise financière, il a également mis en garde contre un éventuel retour en arrière des Etats-Unis, "qui aurait de graves conséquences tant sur la stabilité du système financier mondial que sur les conditions de concurrence entre banques".

"Nous devons (...) finaliser Bâle III" pour permettre une stabilisation du cadre règlementaire pour les banques, a déclaré François Villeroy de Galhau, qui s'exprimait à Paris lors d'une conférence de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le régulateur français des secteurs bancaire et de l'assurance, dont il assure la présidence.

Pour autant, la fixation d'une exigence plancher pour les banques utilisant les approches internes à 75% "n'est pas acceptable" selon lui.

"Si un plancher d'output floor à 75% n'est pas acceptable, c'est parce qu'il reviendrait à ce que ce plancher, et donc la méthode standard, devienne la contrainte pour la moitié des banques internationales", a dit François Villeroy de Galhau, également membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE).

"Un accord doit donc se faire sur un niveau inférieur qui s'accompagne d'un renforcement du contrôle des modèles internes", a-t-il indiqué en précisant que d'autres pays européens, dont l'Allemagne et les Pays-Bas, ainsi que la Commission européenne, partageaient cette position.

François Villeroy de Galhau a également qualifié de "préoccupante" l'éventualité d'une remise en cause par les Etats-Unis des avancées en termes de coopération internationale sur la régulation financière.

"Une déréglementation unilatérale ne serait qu'un jeu perdant-perdant, qui aurait de graves conséquences tant sur la stabilité du système financier mondial que sur les conditions de concurrence entre banques américaines et européennes", a-t-il estimé. (Myriam Rivet, édité par Sophie Louet)

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