14 juin 2017 / 20:46 / il y a 3 mois

LEAD 2-USA-La Fed relève les taux et se prépare à réduire son bilan

* Le taux des “fed funds” relevé d‘un quart de point

* La Fed précise comment elle prévoit de réduire son bilan

* Elle ne fixe aucun calendrier pour cette réduction du bilan

* La faiblesse de l‘inflation semble ponctuelle, dit Yellen (Actualisé avec l‘enquête Reuters)

par Lindsay Dunsmuir, Howard Schneider et Jonathan Spicer

WASHINGTON, 14 juin (Reuters) - La Réserve fédérale américaine a, comme attendu, annoncé mercredi une nouvelle hausse de taux et elle a précisé les modalités techniques de la future réduction progressive de son bilan, qu‘elle doit lancer cette année, peut-être dès septembre, affichant ainsi sa confiance dans l‘économie américaine.

La banque centrale a expliqué qu‘elle réduirait son bilan en cessant de réinvestir une partie des emprunts du Trésor (Treasuries) et des créances mobilières titrisées (MBS) qui arriveront à échéance; ce processus se fera par paliers dont l‘ampleur annoncée correspond aux anticipations les plus basses de Wall Street.

La Fed n‘a pas dit à quelle date elle lancerait la réduction de son bilan. “Nous pourrions mettre cela en oeuvre relativement tôt”, s‘est contentée de dire la présidente Janet Yellen, lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion de deux jours du Comité de politique monétaire (FOMC).

Une majorité de SVT interrogés par Reuters voit la Fed annoncer le lancement de la procédure en septembre, une minorité l‘attendant pour décembre.

Pour l‘instant, la Fed réinvestit l‘intégralité des titres qu‘elle détient arrivant à échéance, ce qui revient à laisser inchangé son bilan, qui atteint un montant record de 4.500 milliards de dollars (4.000 milliards d‘euros).

La banque centrale explique que le montant des titres non réinvestis sera dans un premier temps de six milliards de dollars par mois pour les Treasuries et qu‘il augmentera ensuite par paliers de six milliards tous les trois mois pendant 12 mois jusqu‘à atteindre 30 milliards de dollars mensuels.

Pour les autres formes de dette publique et pour les MBS, la réduction des réinvestissements sera de quatre milliards de dollars par mois au début, augmentant par paliers trimestriels de quatre milliards pour atteindre 20 milliards de dollars par mois.

Des économistes de Wall Street anticipaient une première diminution des réinvestissements de cinq à 15 milliards de dollars par mois pour les Treasuries, et de cinq à 10 milliards pour les MBS, augmentée par paliers de cinq à 15 milliards.

VERS UN RETRAIT DU QE “SUR LA POINTE DES PIEDS”

“La Fed annonce une mise à jour de ses principes de réinvestissement qui laisse ouverte la possibilité de voir le dégonflement du bilan débuter en septembre”, a commenté Gennadyi Goldberg, responsable de stratégies taux chez TD Securities.

La Fed a accumulé un montant sans précédent d‘actifs par le biais de trois plans successifs d‘assouplissement quantitatif (QE), juste après la crise financière de 2007-2009 et durant la récession qui a suivi.

Mercredi, Wall Street a brièvement gagné du terrain après les annonces de l‘institut d‘émission avant de repartir à la baisse, tandis que le dollar réduisait ses pertes pour repasser dans le vert. Sur le marché des Treasuries, les rendements ont remonté à la suite des premières déclarations de la présidente Janet Yellen.

“Le plan de réduction du bilan est tellement doux et mécanique qu‘il ne devrait pas poser problème au marché des Treasuries à long terme et à celui des MBS”, a estimé Brian Jacobsen, responsable de la stratégie de portefeuille de Wells Fargo Funds Management.

“Elle (la Fed) a frappé un grand coup avec le QE et maintenant elle se retire sur la pointe des pieds, pratiquement sans se faire remarquer”.

Janet Yellen a déclaré que les premiers paliers de désinvestissement retenus étaient “relativement bas” afin de prévenir toute hausse brutale des rendements sur les marchés.

Ces paliers resteront en place jusqu‘à ce que le bilan revienne à un niveau prédéfini et “bien en deçà” des 4.500 milliards, a-t-elle expliqué, ajoutant que la décision définitive découlerait en partie de la réaction des marchés.

La Fed se dit en outre prête à interrompre la procédure de normalisation du bilan, voire même à relancer les rachats d‘emprunts d‘Etat, en cas de “dégradation notable des perspectives économiques”.

LA VOIX DISSONANTE DE KASHKARI

Pour justifier le relèvement d‘un quart de point de la fourchette du taux d‘intervention (taux des Fed funds), ainsi portée à 1,00%-1,25%, la Fed a évoqué un marché du travail robuste et le caractère sans doute momentané du ralentissement de l‘inflation observé récemment.

Cette hausse de taux est la deuxième en trois mois et la quatrième depuis le début du cycle de normalisation de la politique monétaire entamé en décembre 2015.

Neel Kashkari, le président de l‘antenne de Minneapolis de la Fed, est le seul membre du FOMC à avoir voté contre la décision de relever les taux.

La banque centrale anticipe encore une hausse des taux cette année, ce qui est conforme à ses prévisions de mars, et elle a confirmé que son objectif de taux “neutre” sur le long terme, c‘est-à-dire qui ne stimule ni ne freine l‘économie, restait de 3,0%.

La quasi-totalité des SVT interrogés par Reuters voient en outre la banque centrale porter le taux des Fed funds à 1,25%-1,50% d‘ici la fin de l‘année, plutôt lors de sa réunion de décembre et non plus à celle de septembre.

La Fed a également publié ses dernières prévisions économiques trimestrielles: elle table sur une croissance de 2,2% en 2017, soit un peu plus que sa projection de mars, mais elle a revu en baisse sa prévision d‘inflation à 1,7%, alors qu‘elle anticipait jusqu‘à présent 1,9%.

Le tassement de l‘inflation au cours des deux derniers mois préoccupe certains responsables de l‘institut d‘émission qui estiment que le calendrier du resserrement monétaire pourrait en être affecté s‘il persistait.

Les prix de détail ont accusé une baisse inattendue en mai et l‘inflation sous-jacente est restée à peine positive, suivant les données publiées mercredi par le département du Travail. La banque centrale a un objectif d‘inflation de 2% et son indicateur privilégié de la hausse des prix est actuellement à 1,5%.

La banque centrale anticipe un taux de chômage de 4,3% cette année et de 4,2% en 2018, ce qui sous-entend qu‘elle s‘attend à ce que le marché du travail soit encore plus tendu l‘an prochain.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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