14 juin 2017 / 01:35 / il y a 3 mois

May appelée de toutes parts à assouplir sa position sur le Brexit

* Toujours pas d‘accord avec le DUP

* La pression monte pour assouplir les modalités de sortie de l‘UE

* Parmi les Tories, eurosceptiques et pro-européens se font face

par William James et Alistair Smout

LONDRES, 14 juin (Reuters) - Six jours après des élections anticipées qui l‘ont dépouillée de sa majorité, les appels se multiplient pour inviter la Première ministre britannique Theresa May à assouplir sa position sur le Brexit.

Toujours sans accord de gouvernement, les conservateurs vont reprendre mercredi les négociations avec les unionistes nord-irlandais du DUP, devenus des alliés indispensables après la perte de leur majorité absolue à la Chambre des Communes jeudi dernier.

Ce revers laisse Theresa May affaiblie parmi les conservateurs et remet en question sa stratégie d‘un “Brexit dur”, à l‘heure où certains appellent le Royaume-Uni à rester dans le marché unique et l‘Union douanière européenne.

Mercredi, Theresa May et Arlene Foster, la chef de file du Parti unioniste démocratique (DUP) ont salué mutuellement des discussions productives à l‘issue d‘un entretien à Downing Street.

Après un dîner à Paris avec le président français Emmanuel Macron, Theresa May a assuré que les négociations sur la sortie de son pays de l‘Union européenne commenceraient comme prévu la semaine prochaine.

“Je pense qu‘il y a un objectif commun parmi le peuple du Royaume-Uni”, a-t-elle déclaré, ajoutant que le gouvernement devait s‘employer à mettre en oeuvre cet objectif, pour en faire un “succès”.

Malgré ces mots d‘unité, les appels à un changement de stratégie s‘accumulent à la porte de Downing street.

Le Times rapportait mardi que le ministre des Finances, Philip Hammond, allait défendre auprès de la Première ministre un maintien du Royaume-Uni dans l‘Union douanière afin d‘adoucir les contours du Brexit.

A quelques jours du lancement des négociations avec l‘Union européenne le 19 juin, l‘aile pro-européenne et eurosceptique du parti conservateur se font face. Theresa May, qui s‘est dite lundi à la disposition des conservateurs, aura fort à faire pour les satisfaire.

DISCUSSIONS AVEC LE DUP

L‘avenir de May dépend en outre du soutien des dix députés eurosceptiques du DUP, afin de passer le seuil des 326 sièges à la Chambre des Communes et éviter une impasse au gouvernement.

Un accord avec le DUP risque cependant de déstabiliser la scène politique nord-irlandaise, en accroissant l‘influence des unionistes face aux nationalistes partisans d‘un rattachement à l‘Irlande.

L‘ex-Premier ministre britannique John Major s‘est dit inquiet du projet de Theresa May de gouverner avec le DUP, craignant qu‘il ne pénalise le processus de paix qu‘il a contribué à enclencher, et ne provoque un retour à la violence.

A Belfast, les nationalistes du Sinn Féin redoutent eux aussi cette perspective.

Malgré une ligne eurosceptique, les unionistes ont regimbé devant certaines conséquences pratiques d‘un “Brexit dur”, notamment le retour d‘une frontière physique avec la République d‘Irlande, et le sujet fait partie des revendications transmises aux conservateurs.

UNITÉ

Le secrétaire d‘Etat au Brexit, David Davis, a répété que l‘approche du gouvernement sur la sortie de l‘Union européenne n‘avait pas changé, mais May a cependant reconnu qu‘un consensus plus large devait être construit et dit qu‘elle écouterait toutes les factions de son parti. Certains au sein des Tories appellent même à conclure un accord national incluant milieux d‘affaires et députés de tout bord politique pour fixer une position commune en vue des négociations.

May doit écouter les partis d‘opposition, a estimé son prédécesseur David Cameron, jugeant qu‘elle était sous pression pour défendre un Brexit plus souple.

“Cela va être difficile, cela ne fait aucun doute, mais peut-être (y a-t-il) une opportunité de consulter plus largement les autres partis”, a dit l‘ex-dirigeant lors d‘une conférence en Pologne, selon des propos rapportés par le Financial Times.

“Je pense que des pressions pour un Brexit plus doux” vont s‘exercer, a-t-il ajouté.

Face à ces exigences, la dirigeante britannique garde en outre à l‘esprit que les divisions des conservateurs sur le dossier européen ont provoqué les chutes de Margaret Thatcher, John Major et David Cameron.

Les performances de l‘économie britannique sont également susceptibles d‘influencer les perceptions quant aux modalités de sortie de l‘Union européenne. Mardi, le prix des obligations d‘État a enregistré un net recul après la publication d‘une accélération de l‘inflation, à 2,9% en mai. et

Côté européen, les dirigeants tentent de conjecturer l‘angle d‘attaque choisi par Londres pour les négociations. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a dit mardi souhaiter un accord limitant les conséquences négatives pour le bloc européen, sans pour autant affaiblir Londres.

Le conservateur a prédit en outre que les Britanniques finiraient par regretter leur départ.

Interrogé sur ces propos, le chef de l‘Etat français Emmanuel Macron a indiqué que la porte était “évidemment toujours ouverte” tant que la négociation du Brexit n‘était pas “achevée” mais a ajouté qu‘il serait “difficile de revenir en arrière”.

Julie Carriat pour le service français

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