12 juin 2017 / 09:31 / dans 5 mois

Le secteur bancaire français redoute un "mauvais" accord de Bâle

PARIS, 12 juin (Reuters) - Les banques françaises redoutent qu‘un accord sur de nouvelles règles prudentielles internationales, dites de “Bâle 4”, ne soit trouvé sur des bases qui leur soient défavorables, a déclaré lundi une source du secteur français.

“On est parti sur un assez mauvais deal”, a déclaré cette source représentative des dirigeants des banques françaises, alors qu‘une réunion du comité de Bâle doit se tenir en Suède les 14 et 15 juin.

L‘inquiétude des banques françaises a été relayée fin mai par le gouverneur de la Banque de France, qui a dit que la France s‘opposerait à un accord qui ne prendrait pas assez en compte les méthodes de calculs des risques utilisées par les banques françaises.

Ces dernières utilisent traditionnellement des modèles dits “internes” et estiment qu‘une généralisation de la méthode dite “standard”, largement pratiquée aux Etats-Unis, leur serait défavorable, notamment pour les crédits immobiliers.

La question d‘un plancher minimum de capitaux pour pallier les risques posés par certains crédits pose un problème de principe aux banques françaises.

Même fixé à un niveau relativement bas et à un horizon d‘une dizaine d‘années, un seuil minimum forcerait les banques européennes à lever encore de nouveaux fonds propres et augmenterait, soulignent-elles, les coûts des crédits et du financement de l‘économie.

Alors qu‘elles pensaient pouvoir compter sur le soutien de l‘Allemagne et des Pays-Bas, les banques françaises redoutent un affaiblissement du front européen face aux américains.

“J‘espère que le front franco-allemand n‘a pas craqué”, a dit la source bancaire française, alors que des dirigeants d‘établissements financiers alertent en privé sur un possible affaiblissement des banques d‘affaires européennes au profit des grands noms de Wall Street.

Le Comité de Bâle, qui rassemble les autorités d‘une trentaine de pays du monde entier, s‘est donné pour but de tirer les leçons de la crise financière de 2008 et, par l‘instauration de normes beaucoup plus dures, de prévenir l‘éclatement de nouvelles crises. (Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Bélot)

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