6 juin 2017 / 13:36 / il y a 3 mois

RBS-Accord amiable en vue avec les actionnaires de 2008

par Kirstin Ridley et Andrew MacAskill

LONDRES, 6 juin (Reuters) - Un groupe d'actionnaires de Royal Bank of Scotland qui espérait encore faire juger la banque et son ancien directeur général Fred Goodwin pour une augmentation de capital controversée en 2008 devrait finalement renoncer et accepter un règlement à l'amiable qui évitera à RBS un procès embarrassant pour son image, ont indiqué des sources mardi.

Les représentants du "RBoS Shareholder Action Group" avaient écrit à leurs membres la semaine dernière pour les informer qu'ils accepteraient une offre améliorée de RBS, sur le conseil de leurs avocats.

Mais l'homme d'affaires écossais Neil Mitchell, un ancien client, actionnaire et détracteur de RBS, avait annoncé lundi qu'une partie du groupe d'actionnaires avait trouvé les fonds nécessaires pour poursuivre leur procédure en justice.

Deux sources ont dit à Reuters que les avocats du groupe avaient déconseillé d'aller jusqu'à un procès en raison du coût de la procédure. Les actionnaires ont déjà été informés que la procédure en cours aurait un coût représentant 40 ou 45% des gains qu'ils peuvent espérer en tirer.

"Nous n'avons pas été contactés par des actionnaires en vue d'une poursuite de la procédure", a dit un porte-parole du cabinet d'avocats.

Neil Mitchell a qualifié mardi d'"étrange" le dernier rebondissement. Une autre source a indiqué qu'une audience mercredi devant la Haute Cour de Londres permettrait de faire le point.

RBS, qui a nié toute infraction dans la préparation de son augmentation de capital de 12 milliards de livres en 2008 (13,8 milliards d'euros), s'est refusé à tout commentaire.

La banque reste contrôlée à plus de 70% par l'Etat après sa quasi-faillite pendant la crise financière qui a entraîné une perte d'environ 80% de la valeur de son action.

Pour éviter un procès début juin, RBS avait accepté fin mai de porter le dédommagement proposé aux actionnaires de 43 à 82 pence par action, soit 200 millions de livres au total.

Cette dernière offre reste très inférieure aux 200 à 230 pence que les actionnaires avaient déboursés en 2008 pour souscrire à l'augmentation de capital et elle met à l'abri d'un procès Fred Goodwin, qui n'a jamais eu à rendre compte de ses actions pendant la crise financière.

L'homme, surnommé "Fred the Shred" ("Fred le broyeur") pour ses aptitudes à réduire les coûts et son style de management abrasif, avait été porté aux nues et même fait chevalier avant la quasi-faillite de la banque tricentenaire, finalement sauvée par une recapitalisation record de 45,8 milliards de livres.

Les actionnaires, parmi lesquels de nombreux employés actuels et anciens de la banque, accusaient RBS et son dirigeant d'avoir donné une image trompeuse de sa santé financière avant son augmentation de capital d'un montant alors inédit, et notamment d'avoir caché que le renforcement des fonds propres avait été exigé par son autorité de tutelle.

Les avocats faisaient valoir que la procédure aurait pu durer encore des années avant qu'un tribunal ne juge RBS coupable et quantifie les dommages des actionnaires.

RBS a déjà conclu des accords à l'amiable avec quatre autres groupes d'actionnaires en lien avec cette affaire. (avec la contribution de Lawrence White, Véronique Tison pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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