2 juin 2017 / 14:13 / il y a 6 mois

LEAD 1-USA-Ralentissement des créations d'emplois, chômage à 4,3%

* 138.000 créations d‘emplois en mai

* Taux de chômage de 4,3%, au plus bas de 16 ans

* Hausse limitée à 0,2% du salaire horaire moyen

* Baisse du dollar et du rendement à 10 ans (Actualisé avec précisions)

par Lucia Mutikani

WASHINGTON, 2 juin (Reuters) - Le nombre de créations d‘emplois a diminué en mai aux Etats-Unis, contrairement aux attentes et celles des deux mois précédents n‘ont pas été aussi importantes qu‘initialement annoncé, attestant sans doute d‘un marché du travail moins dynamique malgré un taux de chômage au plus bas depuis 16 ans.

L‘économie américaine a créé 138.000 emplois non agricoles le mois dernier, a annoncé vendredi le département du Travail.

Les chiffres de mars et d‘avril ont été révisés en baisse pour afficher 66.000 créations d‘emplois de moins qu‘annoncé au départ. Le nombre de créations d‘emplois d‘avril a été ramené de 211.000 à 174.000 et celui de mars de 79.000 à 50.000.

Le solde de mai marque également un net ralentissement par rapport à la moyenne de 181.000 des 12 derniers mois. Les créations de postes ralentissent alors que le marché du travail se rapproche du plein emploi. Mais il devrait être suffisant pour que la Réserve fédérale relève ses taux ce mois-ci.

“Les chiffres d‘aujourd‘hui ne vont probablement pas empêcher la Fed de relever ses taux. Mais ils pourraient avoir un impact sur la suite des évènements”, a dit Paul Diggle, économiste chez Aberdeen Asset Management.

Le taux de chômage a été ramené de 4,4% à 4,3%, au plus bas depuis mai 2001 alors que les économistes s‘attendaient à ce qu‘il reste à son niveau de 4,4% du mois d‘avril.

Les économistes interrogés par Reuters anticipaient 185.000 créations d‘emplois en mai et un taux de chômage de 4,4%.

Le dollar est tombé à des plus bas de sept mois et le rendement de l‘emprunt d‘Etat à 10 ans est passé sous les 2,17%, son plus bas niveau depuis novembre 2016, tandis que Wall Street a ouvert sans grand changement, après la publication de ces chiffres.

Avant le rapport sur l‘emploi, les marchés financiers américains anticipaient un relèvement de 25 points de base du taux des Fed funds ce mois-ci, selon le baromètre FedWatch de CME Group.

FAIBLE CROISSANCE DES SALAIRES

Si ces créations d‘emplois de mai n‘empêchent pas a priori la Fed de relever ses taux à l‘issue de sa réunion des 13 et 14 juin, elles pourraient néanmoins soulever des inquiétudes sur la santé de l‘économie américaine après le coup de frein à la croissance du premier trimestre.

Le compte rendu de la réunion de politique monétaire des 2 et 3 mai, publié la semaine dernière, a montré que les responsables de la Fed avaient convenu que la banque centrale devait s‘abstenir de relever les taux tant qu‘il n‘aura pas été clair que le ralentissement économique n‘était que momentané. Mais la plupart des participants pensaient qu‘il serait bientôt approprié de relever le loyer de l‘argent.

La Fed a relevé les taux de 25 points de base en mars. Les indicateurs concernant les dépenses des ménages et la production manufacturière laissent espérer une accélération de la croissance au deuxième trimestre après une croissance morose, à un taux annualisé de 1,2%, constatée au premier trimestre.

La faiblesse persistante de la hausse des salaires pourrait toutefois créer le doute sur la probabilité d‘un resserrement à venir de la politique monétaire américaine. Le salaire horaire moyen n‘a augmenté que de 0,2% en mai, comme en avril.

Cela donne une hausse des salaires de 2,5% sur un an, dans un contexte de ralentissement de l‘inflation ces derniers mois.

Mais avec un marché du travail qui devrait atteindre le plein emploi cette année les marchés tendent à être convaincus que la croissance des salaires va bientôt s‘accélérer.

Une mesure plus large du taux de chômage qui prend en compte les personnes qui souhaitent travailler mais qui ont renoncé à chercher un emploi et les personnes à temps partiel qui souhaiteraient travailler à temps plein a baissé à 8,4% en mai, son plus bas niveau depuis novembre 2007, contre 8,6% en avril.

La proportion d‘Américains en âge de travailler qui occupent effectivement un emploi ou en recherchent un est retombée à 62,7%, contre 62,9% le mois précédent.

Le bâtiment a créé 11.000 emplois le mois dernier et l‘industrie 1.000, avec 1.500 destructions d‘emplois dans l‘automobile dans un contexte de baisse des ventes.

La distribution a perdu 6.100 postes, un tendance qui dure depuis quatre mois d‘affilée. Les grands magasins tels que J.C. Penney et Macy’s résistent difficilement à la concurrence des distributeurs en ligne tels qu‘Amazon.com .

La fonction publique a elle détruit 9.000 emplois le mois dernier.

Tableau de statistique

Les indicateurs américains en temps réel (Lucia Mutikani, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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