31 mai 2017 / 21:39 / dans 4 mois

L'opposition à la fusion Linde-Praxair se fissure

* Un des six représentants syndicaux du conseil de Linde pourrait ne pas voter contre le fusion avec Praxair

* Le président du comité d‘entreprise d‘une usine de Dresde inquiet pour l‘emploi

* Cela éviterait au président du conseil de surveillance de devoir utiliser son double droit de vote

par Georgina Prodhan et Jörn Poltz

FRANCFORT/MUNICH, 31 mai (Reuters) - Une fissure est apparue dans l‘opposition des représentants syndicaux du groupe allemand de gaz industriels Linde au projet de fusion à 73 milliards de dollars (65 milliards d‘euros) avec l‘américain Praxair, ont dit à Reuters trois sources proches du dossier, ajoutant que, de ce fait, la transaction devrait être approuvée jeudi.

Un des représentants syndicaux siégant au conseil de surveillance pourrait ne pas joindre sa voix à celle des cinq autres qui restent contre le projet, ont ajouté mercredi les sources, ce qui, le cas échéant, veut dire que ce sont les six représentants des actionnaires, favorables à la fusion, qui vont l‘emporter.

Le rapprochement de Linde et de Praxair, une fusion entre égaux qui se fera toute en actions, donnera naissance à un géant du secteur doté d‘un chiffre d‘affaires de 29 milliards de dollars, qui détrônera Air Liquide. Ce sera probablement la dernière consolidation de grande ampleur dans un secteur déjà très concentré.

“Il semblerait qu‘il n‘y ait une unité totale à ce stade”, a dit l‘une des trois sources, soulignant qu‘il n‘était pas sûr comment Frank Sonntag, président du comité d‘entreprise de l‘usine d‘ingénierie de Linde à Dresde, allait voter jeudi.

Les autres représentants syndicaux redoutent notamment une perte d‘influence au sein du groupe puisque la holding de la nouvelle entité sera basée en Irlande où il n‘y a pas, comme en Allemagne, une représentation à parité des actionnaires et des salariés au sein du conseil de surveillance dans des entreprises d‘une certaine taille.

Mais l‘usine, en difficulté, de Dresde est menacée de fermeture si l‘accord avec Praxair ne se fait pas. Le projet de fusion prévoit en effet des garanties sur l‘emploi jusqu‘en 2021 pour les 8.000 salariés allemands.

Imposer une fusion d‘une telle ampleur contre l‘avis des représentants des salariés est extrêmement rare. Le président du conseil de surveillance de Linde Wolfgang Reitzle a dit à plusieurs reprises qu‘il serait réticent - tout en se disant prêt à le faire - à avoir recours à son double droit de vote pour faire aboutir le projet.

La ministre de l‘Economie allemande Brigitte Zypries a exhorté Linde à ne pas aller à l‘encontre du souhait des travailleurs.

Une fois approuvée par le conseil de surveillance de Linde, la fusion doit encore recevoir le feu vert de conseil et de l‘assemblée générale de Praxair. (Avec Gernot Heller à Berlin,; Benoit Van Overstraeten pour le service français)

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