22 mai 2017 / 10:41 / il y a 4 mois

Prismadd, futur géant de l’impression 3D pour l'aéronautique

par Johanna et Decorse

TOULOUSE, 22 mai (Reuters) - Née en 2014 à Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, la société Prismadd livrera d‘ici la fin de l‘année à Airbus ses premières pièces de structure en fabrication additive et ambitionne de devenir l‘un des leaders français de l‘impression 3D pour l‘aéronautique.

Décroché en octobre 2015, ce premier contrat avec l‘avionneur européen porte sur la production de pièces de structures en titane pour l‘A350, un nouveau long-courrier, et s‘est doublé en juin 2016 d‘une seconde commande pour des pièces en inconel, un super-alliage à base de nickel, pour un montant global de six millions d‘euros.

“Nous terminons la phase de qualification auprès d‘Airbus pour ces différentes pièces réalisées en impression 3D avec une livraison programmée au second semestre 2017”, a déclaré à Reuters Philippe Rivière, président de Prismadd.

La jeune société a été créée à l‘origine en joint-venture par Farella, PME familiale de Montauban spécialisée dans la mécanique et l’outillage de précision, la société Rhonatec, distributeur de matériaux métalliques pour l‘aéronautique installé à Grigny et Creatix3D, intégrateur de solutions d‘imprimantes 3D situé à Montigny-le-Bretonneux.

En juillet 2015, Prismadd a rejoint le groupe industriel We are Aerospace, né du rapprochement capitalistique de quatre sous-traitants de l‘aéronautique, Farella, les usineurs Chatal, Espace et Armor Meca.

Ce nouvel ensemble intégré de 1.300 salariés et 15 sites pour un chiffre d‘affaires de 140 millions d‘euros s‘est constitué pour proposer notamment aux plus grands donneurs d‘ordres de l‘aéronautique une offre globale, comprenant tournage, fraisage, fabrication additive, tôlerie fine, soudure, traitement de surface et peinture, équipements et assemblage.

“L‘ambition de We are Aerospace est d‘atteindre rapidement les 300 millions d‘euros de chiffre d‘affaires pour devenir un sous-traitant de rang 1 d‘Airbus et d‘attaquer d‘autres marchés à l‘étranger en faisant valoir nos procédés spéciaux que sont le traitement de surface et la fabrication additive”, précise Philippe Rivière, en charge également du développement du nouveau groupe à l‘international.

IMPLANTATION AU JAPON

Au sein de We are Aerospace dont le siège social est aussi basé dans le Tarn-et-Garonne, Prismadd Montauban et les autres sites de la division “fabrication additive” du groupe veulent s‘imposer comme l‘un des leaders français de l‘impression 3D de pièces métal et plastique à l‘échelle industrielle.

Outre Airbus, ces différentes structures comptent déjà parmi leurs clients le constructeur américain Pratt & Whitney, Dassault Aviation ou encore Thales Alenia Space pour des pièces plastiques et titane.

“Tout le monde tend vers une organisation verticale mais, pour l‘heure, nous sommes les seuls en France à maîtriser toute la chaîne de valeur, depuis la fabrication des matériaux (poudres), jusqu’à la fabrication additive en passant par la conception et le design”, observe Philippe Rivière.

Géant en devenir de la fabrication additive, Prismadd s‘est organisé en une filière intégrée qui s‘appuie sur six entreprises différentes, toutes filiales de We are Aerospace.

Outre le site de Montauban dédiée à la production de pièces en titane et inconel, Prismadd compte notamment une implantation à Saint-Nazaire pour les pièces d‘outillage plastique et une autre à Grenoble dédiée aux pièces inox pour les secteurs de la défense, des transports et de l‘industrie du luxe.

Ces filiales françaises, qui emploient 55 personnes, visent un chiffre d‘affaires de 20 à 22 millions d‘euros d‘ici trois ans.

En février 2016, la filière Prismadd s‘est également dotée d‘une implantation au Japon créée en joint-venture avec Yamaichi Special Steel qui lui a permis de décrocher un premier contrat avec le groupe Mitsubishi Heavy Industries pour des pièces en titane.

Le plan stratégique de Prismadd passe par de nouvelles implantations en Chine et au Canada et prévoit quelque 40 millions d‘euros d‘investissement d‘ici 2020, qui viendront s‘ajouter aux 16 millions d‘euros déjà engagés depuis 2014 dont six millions pour le site de production de Montauban. (Edité par Jean-Michel Bélot)

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