22 mai 2017 / 04:01 / dans 5 mois

POINT HEBDO-Le dollar faible peut servir de nouveau moteur à Wall Street

(Répétition sans changement d‘une dépêche transmise dimanche)

par Lewis Krauskopf

NEW YORK, 22 mai (Reuters) - L‘affaiblissement du dollar pourrait prendre le relais des résultats d‘entreprises pour servir de moteur à Wall Street dans les semaines à venir malgré le climat d‘incertitudes politiques à Washington.

Les marchés actions américains ont été ébranlés mercredi dernier, l‘indice Standard & Poor‘s-500 subissant sa plus forte baisse en une séance depuis huit mois, à la suite de nouvelles accusations portées contre le président américain Donald Trump, soupçonné d‘avoir voulu bloquer une enquête sur les relations de son entourage avec la Russie.

L‘accumulation de soupçons contre Donald Trump depuis qu‘il a limogé le 9 mai le directeur du FBI, qui enquêtait sur ce dossier russe, a fait flancher le dollar, qui a perdu plus de 2%face à un panier de devises de référence sur la seule semaine écoulée, son plus fort repli hebdomadaire depuis un peu plus d‘un an.

Le dollar, qui s‘est déprécié de quasiment 5% depuis le début de l‘année, a désormais effacé l‘intégralité de ses gains enregistrés après la victoire de Donald Trump à l‘élection présidentielle américaine le 8 novembre.

Ce recul peut être profitable aux grandes entreprises américaines dont les bénéfices réalisés à l‘étranger se trouvent ainsi mécaniquement gonflés par des effets de change lorsqu‘ils apparaissent dans leurs comptes.

“Un dollar plus faible est sans doute bénéfique à toute entreprise qui vend à l‘étranger”, dit Alan Gayle, directeur de l‘allocation d‘actifs chez RidgeWorth Investments à Atlanta. “Si on veut parler de rayon de soleil, quand vous êtes une grande entreprise avec une exposition importante à vos ventes à l‘étranger, alors il s‘agit d‘un signe positif qui apparaît.”

Wall Street a volé de records en records après l‘élection de Donald Trump mais les turbulences politiques à Washington font maintenant douter de sa capacité à mettre en oeuvre ses promesses de baisses d‘impôts massives, de grands travaux et de dérégulation.

Les résultats solides des entreprises américaines au premier trimestre ont toutefois permis aux marchés actions américains de garder la confiance des investisseurs.

UNE ATTENTE EXAGÉRÉE?

Alors que plus de 90% des entreprises cotées au S&P-500 ont désormais publié leurs résultats, leurs bénéfices au premier trimestre sont en passe d‘afficher une hausse de 15,2%, soit leur plus forte croissance depuis environ six ans, selon Thomson Reuters I/B/E/S.

Pour le trimestre en cours, les bénéfices sont attendus en progression de 8,5%, un rythme de croissance que l‘affaiblissement du dollar pourrait accélérer. Le billet vert a perdu 3,2% depuis le début du deuxième trimestre.

Les entreprises américaines tournées vers l‘étranger ont déjà fait mieux que leurs homologues orientées vers le marché intérieur au premier trimestre.

Hors énergie, secteur trop dépendant de la volatilité des cours du pétrole, les entreprises du S&P-500 qui réalisent plus de la moitié de leur chiffre d‘affaires en dehors des Etats-Unis ont affiché des bénéfices en hausse de 13,2% contre une augmentation de 10,6% pour celles dont plus de la moitié des ventes sont réalisées sur le marché américain.

Le S&P-500 a grimpé de 6,5% depuis le début de l‘année alors que l‘indice Russell 2000 des petites capitalisations, davantage tournées vers le marché intérieur, n‘a pris que 1%.

La dépréciation du dollar “pourrait être un vent porteur assez puissant”, pense David Schiegoleit, directeur exécutif des investissements chez U.S.Bank Private Client Reserve. “(Pour) les entreprises qui engrangent l‘essentiel de leurs ventes à partir de sources étrangères, elles pourraient bénéficier d‘un élan supplémentaire si l‘on continue à observer un dollar faible.”

Ed Yardeni, président du cabinet Yardeni Research, émet toutefois des doutes sur l‘impact réel des fluctuations du dollar sur les résultats des entreprises américaines. Il relève notamment que la vigueur du dollar ces dernières années n‘a eu qu‘un effet négatif limité sur les bénéfices.

“En théorie, cela devrait être un facteur positif”, dit-il. “Mais si l‘on regarde du point de vue pratique les deux dernières années, il s‘avère que cela n‘a pas vraiment été un frein important sur les bénéfices, donc je ne suis pas sûr que cela va soudainement devenir un puissant soutien aux bénéfices si (le dollar) se retourne.”

Malgré son affaiblissement depuis le début de l‘année, le dollar reste en outre au-dessus de son niveau sur l‘ensemble du deuxième trimestre 2016. (Bertrand Boucey pour le service français)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below