19 mai 2017 / 14:19 / dans 4 mois

La BCE doit tenir compte de la faiblesse du marché du travail-Coeuré

FRANCFORT, 19 mai (Reuters) - La reprise de l‘inflation dans la zone euro pourrait prendre plus de temps que prévu en raison des faiblesses cachées du marché du travail et la Banque centrale européenne (BCE) devrait en tenir compte dans ses décisions pour éviter un resserrement trop rapide de sa politique, a déclaré vendredi Benoît Coeuré, membre du directoire de l‘institution.

Mais une fois que l‘inflation se sera stabilisée autour de 2%, la BCE devra resserrer sa politique, même si le chômage demeure élevé, afin d‘éviter une “surchauffe” de l‘économie, a-t-il ajouté.

Selon Benoît Coeuré, en utilisant une mesure plus large du chômage et du sous-emploi, le nombre de chômeurs est deux fois plus élevé que les chiffres officiels ne l‘annoncent, car le travail temporaire et les temps partiels sont en progression.

Cela explique notamment la faible croissance des salaires et son impact réduit en faveur d‘une relance de l‘inflation vers l‘objectif de la BCE à un peu moins de 2%.

“Tout cela signifie essentiellement qu‘il faudra plus de temps pour que l‘inflation accélère et la pression salariale pourrait ne commencer à se faire sentir de manière significative qu‘une fois (...) que que les personnes disposées à travailler, mais qui ne pas sont pas actuellement comptabilisées comme chômeurs, auront été réintégrées”, a-t-il déclaré à Genève.

“Si nous refusons de voir (...) que les capacités non utilisées sur le marché du travail peuvent être plus importantes que suggéré par les chiffres du chômage, nous pourrions courir le risque d‘un resserrement prématurément de la politique”.

Benoît Coeuré estime que si la BCE ignorait ces faiblesses cachées, elle pourrait étouffer la croissance, maintenir inutilement des personnes en dehors du marché du travail et ne pas parvenir à relancer l‘inflation.

Avec une inflation revenue nettement en territoire positif, les appels se multiplient, notamment en Allemagne, pour réclamer à la BCE de mettre fin progressivement à ses rachats d‘actifs et de relever ses taux, en dépit d‘une inflation sous-jacente toujours faible et croissance limitée des salaires.

Benoît Coeuré estime que le chômage structurel, ou la proportion de travailleurs sans emploi, n‘a pas augmenté de manière significative au cours de la dernière décennie.

Mais pour lui, la BCE ne va pas maintinir une politique ultra-accommodante uniquement pour créer des emplois.

“Si nous devions atteindre un point où la trajectoire de l‘inflation est auto-entretenue mais où le chômage de longue durée reste élevé, il n‘y aurait pas de doute quant à la façon dont je déciderais de notre politique”, a-t-il dit.

“La politique monétaire ne peut pas alimenter une surchauffe de l‘économie pour jouer un rôle d‘assurance contre les risques du marché du travail.” (Balazs Koranyi et Francesco Canepa, Claude Chendjou pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

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