12 mai 2017 / 14:15 / dans 6 mois

GRAPHES-Brexit-L'écart de rendement Gilt-Bund au plus bas depuis août

par Abhinav Ramnarayan

LONDRES, 12 mai (Reuters) - L‘écart entre le rendement des obligations d‘Etat à 10 ans britanniques et allemandes est au plus bas depuis août sous l‘effet de l‘amélioration des perspectives économiques de la zone euro et des risques baissiers entourant celles du Royaume-Uni avec le Brexit.

Une hausse des exportations plus soutenue que prévu et une accélération de la croissance au premier trimestre en Allemagne ont poussé les rendements obligataires allemands à un plus haut de sept semaines en confortant les anticipations d‘un ralentissement par la Banque centrale européenne (BCE) de ses achats d‘actifs.

La croissance de l‘économie britannique a revanche ralenti sur les trois premiers mois de l‘année, les perspectives post-Brexit restent incertaines et la Banque d‘Angleterre a laissé entendre qu‘une hausse de taux directeurs était peu probable avant la fin 2019.

“Nous préférons les Gilts (les obligations souveraines britanniques) aux Bunds parce que nous pensons que la BCE va ralentir ses achats d‘actifs plus tôt que plus tard au vu des signaux positifs envoyés par l‘économie de la zone euro”, a dit Daniel Loughney, gérant de portefeuille chez AllianceBernstein, dont les actifs sous gestion dépassent les 500 milliards de dollars.

“Le tableau est beaucoup plus sombre au Royaume-Uni.”

Depuis le début de l‘année, le rendement des Bunds à 10 ans a plus que doublé - tout en restant inférieur à 0,50% - mais celui des Gilts de même échéance a légèrement reculé à 1,19%.

En conséquence l‘écart entre les deux s‘est réduit pour tomber à 72 points de base vendredi, proche d‘un plus bas de huit mois de 70 points de base atteint la semaine dernière.

Les rendements obligataires allemands ont été tirés vers le bas par les achats d‘actifs de la BCE lancés en mars 2015 et ils étaient tombés à un plus bas record de -0,204% en juillet dernier.

Ils se sont depuis sensiblement redressés avec la dissipation des craintes de déflation et la prise en compte progressive par les intervenants de marché de la perspective d‘un ralentissement voire d‘un arrêt du programme d‘assouplissement quantitatif de la BCE.

Si l‘économie britannique a déjoué les pronostics de récession qui avaient suivi le vote en faveur d‘une sortie de l‘Union européenne en juin, la production industrielle s‘est contractée pour un troisième mois consécutif en mars, soulignant les conséquences négatives du Brexit sur l‘activité.

La Commission européenne a de son côté légèrement relevé jeudi ses prévisions de croissance pour la zone euro et prédit que le taux de chômage pourrait tomber à un plus bas de dix ans.

“Le marché de la zone euro a été soutenu par la perception que la reprise accélère. Parallèlement, il est assez clair que le Royaume-Uni est entré dans une phase de ralentissement”, a dit Philip Shaw, économiste chez Investec.

“Je reste un peu sceptique sur l‘économie de la zone euro, il y a peut-être un peu trop d‘optimisme, mais la perception du marché a changé.”

Marc Joanny pour le service français, édité par Bertrand Boucey

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