11 mai 2017 / 10:08 / il y a 3 mois

ENCADRE-Crédit agricole en appelle à l'Etat contre les banques low cost

PARIS, 11 mai (Reuters) - Le directeur général de Crédit agricole S.A. a dénoncé jeudi le modèle économique des nouvelles banques "low cost" et appelé l'Etat à intervenir afin de partager plus équitablement les coûts des infrastructures de paiement.

"Je pense qu'il est temps que les autorités se rendent compte qu'on ne peut pas laisser s'installer durablement des acteurs qui font la promotion de services dont ils ne paient pas les infrastructures", a déclaré Philippe Brassac, qui préside la puissante Fédération bancaire française (FBF).

LCL, la banque de détail française de la banque verte, est confrontée, comme l'ensemble des réseaux français, à l'irruption d'une foule de nouveaux entrants qui proposent souvent gratuitement des cartes de paiement attachées à des comptes courant consultables uniquement en ligne.

"Je trouve extrêmement destructeur pour le système de laisser s'installer l'idée que des acteurs pourraient accessoirement commercialiser par exemple des cartes bancaires très peu chères et finalement n'assumer aucune prestation d'architecture", a dit Philippe Brassac, évoquant notamment les services tels que les distributeurs de billet, les transports de fonds ou les terminaux de paiement.

Le dirigeant du Crédit agricole, qui présentait les résultats trimestriels de son groupe, a appelé à un encadrement similaire à celui intervenu par exemple dans l'énergie ou les télécoms pour financer les infrastructures.

Dans l'énergie, des tarifs d'utilisation des réseaux de distribution et de transport du gaz et de l'électricité fixent la rémunération par les énergéticiens, historiques ou nouveaux entrants, des gestionnaires de ces réseaux, filiales autonomes d'Engie et d'EDF.

Outre l'opérateur Orange, de nombreux nouveaux entrants de toutes tailles et de différents secteurs partent à l'assaut du marché de la banque en ligne comme Carrefour , mais aussi Compte-Nickel, qui propose ses services via son réseau de buralistes et vient d'être racheté par BNP Paribas, ou encore la jeune banque en ligne allemande N26.

La concurrence s'accroît aussi du fait que les grands établissements traditionnels qui n'avaient pas encore lancé une banque 100% digitale, comme les Banques populaires, les Caisses d'Epargne (groupe BPCE) ou la Banque postale, ont récemment décidé de sauter le pas.

Dans un contexte où la faiblesse des taux d'intérêts ronge les marges et le volume d'affaires des banques, la multiplication des offres fait craindre à certains observateurs une guerre de prix et un effondrement des marges similaires à ce qui a suivi l'entrée de l'opérateur Free sur le marché de la téléphonie mobile.

La loi Macron, qui facilite désormais les démarches des particuliers pour changer de banque, pourrait aussi favoriser les banques en ligne, aux tarifs moins élevés, au détriment des établissements traditionnels, dont les clients boudent de plus en plus les agences.

La banque 100% en ligne s'apparente néanmoins encore à un pari sur l'avenir en France car, avec une part de marché estimée à moins de 10%, elle est loin d'avoir franchi le point de bascule où elle renverserait l'hégémonie des réseaux en dur.

Julien Ponthus et Maya Nikolaeva avec Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below