11 mai 2017 / 08:53 / il y a 4 mois

LEAD 2-SFR décroche la Ligue des Champions, coup dur pour Canal+ et beIN

* SFR remporte la Ligue des Champions et la Ligue Europa

* Paiera €350 mlns par an, un montant multiplié par plus de deux

* Un coup dur pour Canal+ et beIN Sports (Actualisé avec conférence téléphonique, réactions de beIN Sports et UFC Que Choisir)

par Gwénaëlle Barzic

PARIS, 11 mai (Reuters) - L‘opérateur télécoms SFR a frappé un grand coup jeudi en raflant à Canal+ et beIN Sports la totalité des droits de retransmission en France de la prestigieuse et populaire Ligue des champions.

La filiale d‘Altice, qui avait révélé ses ambitions fortes dans le sport en remportant en 2015 les droits du championnat anglais de football (Premier League), confirme en mettant la main sur la compétition reine du football européen et sur la Ligue Europa pour la période 2018-2021.

Pour l‘emporter, Altice a accepté de débourser plus de 350 millions d‘euros par an pour diffuser l‘intégralité de la compétition, soit plus du double de ce que payaient jusque-là conjointement beIN Sports et Canal+ (145 millions d‘euros par an), selon une source au fait du dossier.

Il s‘agit d‘un coup dur pour Canal+, numéro un de la télévision payante en France, confronté à des pertes massives d‘abonnés face à la concurrence de nouveaux acteurs comme beIN Sports, Netflix et plus récemment SFR.

Le revers est également de taille pour les chaînes qataries beIN Sports, principal diffuseur de la Ligue des Champions, qui perdent l‘un des principaux produits d‘appel de leur portefeuille.

“C‘est pour nous une date importante. Nous changeons clairement de dimension dans le domaine du sport”, a déclaré à des journalistes le directeur général d‘Altice Michel Combes, en pronostiquant un retour sur investissement “très positif” en dépit du montant élevé de la facture.

Certains analystes s‘interrogent cependant sur la capacité de SFR à rentabiliser ces droits alors que ses investissements élevés dans son réseau et dans les contenus ont fait reculer sa marge à son niveau le plus bas depuis le rachat de SFR par Numericable en novembre 2014.

Michel Combes a toutefois réaffirmé la stratégie d‘Altice visant à investir substantiellement dans les contenus pour se différencier de ses rivaux, estimant qu‘à terme, seul un nombre limité d‘acteurs auraient la taille et la puissance financière nécessaires pour s‘offrir les contenus les plus prisés.

La date butoir pour la remise des offres avait été initialement fixée au mercredi 3 mai mais le processus a été prolongé d‘une semaine afin de départager les candidats.

En Bourse, l‘action Vivendi a clôturé en baisse de 1,92% à 18,39 euros, accusant la deuxième plus forte baisse du CAC 40 (-0,32%). SFR et Altice ont de leur côté cédé 1,05% et 1,62%.

Dans un communiqué, beIN Sports a dit “regretter vivement” le choix de l‘UEFA et s‘est dit surpris “des conditions dans lesquelles ces droits ont été concédés”.

LE PRIX DES DROITS S‘ENVOLE

“La perte d‘un droit important est clairement un élément négatif, compensé dans une certaine mesure par les économies mécaniquement réalisées”, estime Charles Bedouelle, analyste à Exane BNP Paribas, dans une note à propos de Canal+, en pronostiquant une riposte agressive de la chaîne cryptée pour la prochaine enchère clef sur les droits de la Ligue 1.

La semaine dernière, Canal+ avait conservé les droits de retransmission de la Formule 1 à partir de 2018.

“Vivendi a probablement enchéri de façon rationnelle quand SFR a enchéri de façon stratégique”, estime l‘analyste, soulignant la différence de stratégies entre Canal+, contraint financièrement après avoir accusé des pertes depuis plusieurs années, et SFR, dont la maison mère a fait des investissements dans les contenus un pilier de sa stratégie.

“Canal+ ne peut pas faire n‘importe quoi. Il ne peut pas payer 20 millions d‘euros le match s‘il veut assurer un modèle économique qui tient durablement”, estime une source proche du dossier, relativisant la perte d‘une compétition qui représentait pour Canal+ 15 soirées par saison.

Le résultat de l‘enchère confirme l‘inflation constatée depuis plusieurs années du coût des droits sportifs, en particulier pour la Ligue des Champions qui génère pour ses diffuseurs de fortes audiences.

En Grande-Bretagne, le géant des télécoms BT s‘est imposé en mars face à son grand rival Sky en déboursant plus de 460 millions d‘euros par an pour conserver les droits de la Ligue des champions.

L‘association de consommateurs UFC Que Choisir s‘est inquiétée de cette inflation et de ses conséquences pour les consommateurs en termes d‘accès aux contenus sportifs.

“Face à ces risques majeurs, l’UFC-Que Choisir demande la mise en place d’une régulation de l’accès aux chaînes sportives sur l’ensemble des box Internet.” (Avec Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Belot)

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