10 mai 2017 / 12:26 / dans 4 mois

LEAD 1-Ne crions pas victoire trop tôt sur l'inflation, dit Draghi

(Actualisé avec des précisions, contexte)

par Balazs Koranyi

LA HAYE, 10 mai (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) ne peut encore crier victoire pour ce qui est d‘avoir fait remonter l‘inflation dans la zone euro même s‘il semble que la reprise économique y prenne de l‘ampleur, a déclaré mercredi son président Mario Draghi.

Ses propos confirment que la BCE n‘est nullement pressée de dénouer sa politique monétaire ultra-accommodante faite de taux négatifs et de rachats d‘actifs massifs en dépit des demandes pressantes faites par quelques-uns des pays les plus riches de la zone euro comme l‘Allemagne et les Pays-Bas.

“Les données que nous recevons confirment que la reprise cyclique de l‘économie de la zone euro est en train de devenir de plus en plus solide et que les risques baissiers ont encore diminué”, a-t-il dit lors d‘une audition devant le parlement néerlandais.

“Néanmoins, il est trop tôt pour crier victoire. Les pressions inflationnistes sous-jacentes restent contenues et doivent encore faire la preuve d‘une tendance haussière convaincante”, a-t-il ajouté, jugeant que le maintien de la politique monétaire actuelle très accommodante restait nécessaire.

On s‘attend à ce que la BCE modifie un peu son discours monétaire le mois prochain afin de prendre acte de l‘amélioration de la conjoncture économique, tout en observant le statu quo.

Pour Draghi, les avantages de cette politique très généreuse l‘emportent sur ses inconvénients, mais il admet l‘existence d‘une hausse des prix de l‘immobilier et de l‘endettement des ménages dans certains pays, tels les Pays-Bas.

“Nous n‘avons pas le sentiment qu‘il y a une surévaluation des actifs au niveau de la zone euro mais nous observons en effet que la dynamique immobilière ou un niveau d‘endettement des ménages élevé dans certains pays présentent un risque d‘aggravation des déséquilibres”, a-t-il noté.

Draghi a également déclaré que la BCE ne comptait pas modifier les règles de son programme d‘achats d‘obligations pour éviter une quelconque pénurie de dette souveraine de certains pays sur le marché, même si certains membres de l‘institution recommandent de le faire.

“Certains membres du Conseil des gouverneurs pensent qu‘elles (les règles) peuvent être modifiées mais la majorité de ce même conseil s‘est prononcé à plusieurs reprises pour leur maintien en l‘état”, a-t-il déclaré.

“Notre programme se déroule sans accroc et nous avons l‘intention de nous en tenir à la règle”, a-t-il poursuivi, ajoutant que la sortie du programme de stimulation de l‘économie se ferait naturellement avec l‘amélioration de la situation économique et la remontée de l‘inflation.

La BCE s‘est fixé pour objectif une inflation annuelle d‘un petit peu moins de 2%. Elle a été de 1,9% en avril après 1,5% en mars.

La zone euro a par ailleurs bien démarré l‘année 2017 avec une croissance supérieure à celle des Etats-Unis au premier trimestre, estimée à 1,7%.

Juliette Rouillon et Wilfrid Exbrayat pour le service français

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