2 mai 2017 / 12:24 / dans 8 mois

Cinq pays détiennent 90% des liquidités injectées par la BCE

* Graphique sur les liquidités excédentaires dans la zone euro: reut.rs/1T68P94

par Francesco Canepa

FRANCFORT, 2 mai (Reuters) - Environ 90% de l‘excédent de liquidités injecté par la Banque centrale européenne (BCE) pour soutenir l‘activité économique dans la zone euro ont profité à cinq des plus riches pays de la région, montre mardi une étude de la banque centrale.

Elle cite “l‘aversion au risque” parmi les raisons expliquant le fait que ces liquidités se concentrent en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Finlande alors que dans d‘autres pays, des banques dépendent encore de la BCE pour se fournir en liquidités.

En clair, les banques des pays les plus riches restent réticentes à prêter des liquidités à l‘étranger près de dix ans après l‘éclatement de la crise financière et en dépit des efforts entreprises par la BCE pour assurer la cohésion de la zone et favoriser le crédit.

“Il semble qu‘après la crise financière, une augmentation généralisée de l‘aversion au risque et des limites plus prudentes en matière de risque interne au sein des banques continuent de limiter les flux de liquidités transfrontaliers et la redistribution interbancaire des liquidités au sein de la zone euro”, résument les 14 auteurs de l‘étude.

La BCE a distribué environ 1.500 milliards d‘euros d‘excédent de liquidités (le solde entre les liquidités déposées par les établissements bancaires auprès des banques centrales et les réserves obligatoires) depuis 2015 par le biais d‘achats de titres sur les marchés et d‘opérations de refinancement à long terme à des taux extrêmement faibles.

Mais le fait que ces liquidités restent concentrées dans les pays les plus riches de la zone euro au lieu d‘irriguer ceux qui semblent en avoir le plus besoin risque de nuire à l‘efficacité de cette politique et montre que l‘objectif de l‘Union européenne de créer une véritable union bancaire est très loin d‘être atteint.

L‘étude publiée mardi montre que 60% des montants consacrés par la BCE et les banques centrales nationales à des achats d‘obligations finissent en Allemagne, entre autres sur des comptes détenus en territoire allemand par des banques britanniques. La France en a quant à elle reçu 20%.

Les auteurs de l‘étude expliquent aussi la concentration des liquidités dans les cinq pays cités par des facteurs extérieurs comme le fait que les banques les plus saines attirent davantage de déposants ou les nouvelles dispositions réglementaires qui freinent les prêts interbancaires.

“Les retours des banques et une analyse approfondie suggèrent que les obligations réglementaires et les modèles économiques des banques ont une forte influence sur le niveau de liquidités excédentaires détenues au niveau de chaque banque”, dit l‘étude.

Marc Angrand pour le service français

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