28 avril 2017 / 12:01 / dans 6 mois

LEAD 1-France-La croissance pénalisée par une consommation poussive au T1

    * Croissance de 0,3% au T1, celle du T4 relevée à +0,5%
    * Faible consommation des ménages, l'investissement accélère
    * Le commerce extérieur reste en berne
    * Les économistes relativement optimistes pour le T2

 (Actualisé avec commentaires d'économistes)
    PARIS, 28 avril (Reuters) - La croissance de l'économie
française a marqué le pas en début d'année, le tassement de la
consommation des ménages éclipsant la franche progression de
l'investissement, notamment des entreprises. 
    Dans sa première estimation publiée vendredi, l'Insee fait
état d'une hausse de 0,3% du produit intérieur brut au premier
trimestre, un niveau conforme à la prévision de sa dernière note
de conjoncture publiée mi-mars ainsi qu'aux
anticipations de la Banque de France.
    Ce chiffre s'avère en revanche inférieur aux attentes des 35
économistes interrogés par Reuters, qui tablaient en moyenne sur
une croissance de 0,4% sur la période.
    L'Insee a dans le même temps révisé en hausse de 0,1 point
la croissance du produit intérieur brut (PIB) du quatrième
trimestre 2016, à 0,5%, sans que cela ne modifie le chiffre de
la croissance en moyenne sur l'année, maintenu à 1,1%. 
    "La composition de cette croissance fait que ce chiffre de
0,3% est moyennement robuste, même si dans l'absolu c'est un
chiffre relativement correct", résume Hélène Baudchon,
économiste chez BNP Paribas.  
    
    CORRECTIONS EN VUE 
    En ce début d'année, la demande intérieure finale a
contribué positivement au PIB, à hauteur de 0,4 point -
principalement sous l'effet d'une nouvelle accélération de
l'investissement, qui a compensé le net ralentissement de la
consommation des ménages. 
    Alors que le déficit commercial avait atteint un niveau
record en janvier sous l'effet d'une forte baisse des
exportations d'Airbus et était resté élevé en février, le
commerce extérieur a sans surprise pesé lourdement sur la
croissance.
    L'impact négatif du commerce extérieur en début d'année
(-0,7 point après +0,2 point au quatrième trimestre) a été
compensé par la contribution des variations des stocks des
entreprises (+0,6 point après -0,2), mais cette composante très
volatile risque de connaître une correction dans les prochains
mois. 
    Dans le détail, "une bonne part des éléments de faiblesse du
chiffre de croissance du premier trimestre sont de nature
ponctuelle", souligne Hélène Baudchon. 
    C'est notamment le cas pour le moteur traditionnel de la
croissance française, les dépenses de consommation des ménages.
Leur net ralentissement (+0,1% après +0,6% en fin d'année
dernière) a principalement été alimenté par le repli des
dépenses en énergie (−3,8% après +3,7%) en lien avec les
températures particulièrement douces de février et mars après un
automne plutôt frais.   
    Autre élément ponctuel, mais à l'impact positif, la
perspective de l'expiration le 14 avril dernier du dispositif de
suramortissement fiscal des investissements productifs des
entreprises, qui a probablement contribué à alimenter le net
rebond de l'investissement des entreprises (+1,3% après +0,9%). 
    Mais selon Axelle Lacan, économiste de l'institut
COE-Rexecode, l'amélioration de l'investissement des entreprises
observée au premier trimestre dépasse le champ des seuls bien
d'équipements, les principaux concernés par cette mesure. 
    Son impact favorable n'est donc pas forcément voué à
s'inverser au trimestre prochain comme cela avait été le cas
début 2016, alors que la prolongation du dispositif n'avait été
annoncée qu'en février.    
    
    ACCÉLÉRATION AU DEUXIÈME TRIMESTRE ? 
    Parallèlement la croissance de l'investissement des ménages
est restée soutenue (+0,9%, comme le trimestre précédent),
reflétant la reprise de la construction et de l'immobilier qui
se confirme. 
    Le nombre de mises en chantiers de logements cumulé sur
douze mois a ainsi atteint fin mars un plus haut depuis près de
quatre ans et demi, selon des données publiées vendredi par le
ministère du Logement.
    "Le deuxième trimestre devrait encore se solder par une
croissance aux alentours de 0,3%, entre les variables qui
devraient rebondir - la consommation des ménages et les
exportations - et les variables qui devraient subir un
contrecoup dans un sens défavorable, comme les variations de
stocks", estime Hélène Baudchon. 
    Axelle Lacan s'attend elle aussi à ce que l'économie
française progresse à un rythme comparable le trimestre
prochain, après un début d'année marqué par "une croissance
assez molle qui reflète bien l'état de l'économie française". 
    "Une dynamique interne très forte de reprise fait toujours
défaut à l'économie française, qui reste pénalisée par des
contraintes structurelles", comme par exemple son déficit de
compétitivité, estime-t-elle. 
    "Il va certainement finir par s'améliorer du fait de l'effet
des mesures mises en place pour soutenir l'offre mais ça prend
du temps, donc pour l'instant, le commerce extérieur continue de
nous pénaliser".  
    Tullia Bucco, économiste d'Unicredit, et François Cabau,
économiste de Barclays, sont en revanche plus optimistes et
tablent dans des notes publiées vendredi sur une accélération de
la croissance au deuxième trimestre, mettant notamment en avant
la bonne orientation des enquêtes de conjoncture.
 
    
    Statistiques détaillées sur le site de l'Insee :    
    bit.ly/2oCOdwH
    
 Les indicateurs français en temps réel                  
 Les indicateurs de la zone euro en temps réel           
 Le point sur la conjoncture française                   
 
 (Myriam Rivet, édité par Sophie Louet)
  

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