24 avril 2017 / 08:30 / il y a 7 mois

MSCI propose un compromis pour l'inclusion d'actions chinoises

* MSCI réduit le nombre de sociétés à 169

* Une plus grande probabilité d‘inclusion en 2017

* BlackRock soutient une telle intégration

* Le contrôle des capitaux indispose certains investisseurs

par Michelle Price

HONG KONG, 24 avril (Reuters) - La probabilité que le spécialiste américain des indices boursiers MSCI intègre des actions de Chine continentale dans son indice de référence des marchés émergents a sensiblement augmenté depuis qu‘il a réduit le nombre de sociétés à intégrer, estiment lundi des investisseurs.

Ces derniers mettent toutefois en garde contre le contrôle des capitaux et les obstacles à l‘accès au marché qui peuvent encore constituer des freins à une telle opération.

Le groupe new-yorkais annoncera en juin s‘il intègre ou pas des actions chinoises libellées en yuan, aussi appelées actions A, dans l‘indice “MSCI Emerging Markets”, très suivi par les gestionnaires d‘actifs, les fonds de pensions et les assureurs du monde entier.

Cette décision pourrait déclencher un flux d‘investissements sur les actions chinoises susceptible d‘atteindre 400 milliards de dollars (368 milliards d‘euros) sur dix ans.

MSCI avait refusé en 2016, et ce pour la troisième fois, d‘intégrer des actions chinoises à son indice, estimant que Pékin devait encore progresser en matière de libéralisation des marchés de capitaux.

Quelque 1.500 milliards de dollars d‘investissements dans le monde sont indexés sur le MSCI Emerging Markets , entre autres via le fonds indiciel (ETF) iShares MSCI Emerging Markets.

MSCI propose à présent de réduire l‘écart entre la Chine et les gestionnaires d‘actifs mondiaux avec un lot réduit d‘actions issues de sociétés dotées d‘une forte capitalisation et qui sont accessibles aux investisseurs étrangers via un lien avec Hong Kong.

“Assurément, en ce qui concerne les difficultés causés par la Chine en matière d‘accès au marché boursier, cette proposition y répond en partie”, a déclaré David MacKenzie, responsable de l‘Asian Equity Management chez Schroders. “Je serais très surpris s‘il (MSCI) n‘aboutissait pas cette année”.

BlackRock - le principal client de MSCI - a dit dans un communiqué être “favorable” à l‘intégration des actions chinoises A dans les indices de référence mondiaux mais il n‘a fait aucun commentaire sur le calendrier ou sur la proposition de MSCI.

Le groupe américain avait dit en juin que la Chine devait autoriser les investisseurs étrangers à rapatrier librement les capitaux dans le cadre du programme d‘investissement destiné aux investisseurs institutionnels Qualified Foreign Institutional Investor (QFII).

Il avait également réclamé l‘abrogation d‘une règle imposant aux investisseurs étrangers de solliciter une autorisation officielle avant de lancer des produits incorporant des actions A, ce qui, à son avis, pourrait affecter leur capacité de procéder à des opérations de couverture.

La question de l‘accès au marché fait l‘objet de débats depuis plusieurs années entre la Chine et les fournisseurs d‘indices de référence et pour l‘instant les parties butent sur les tout derniers obstacles, selon deux sources proches du dossier.

LA QUALITÉ PLUTÔT QUE LA QUANTITÉ

L‘une des sources a dit que MSCI s‘employait à réduire ces derniers obstacles en ramenant la sélection proposée de 448 actions à 169.

“C‘est une négociation d‘une part avec les investisseurs qui expriment leurs souhaits auprès de MSCI et d‘autre part avec les régulateurs chinois qui disent ce qu‘ls peuvent proposer”, a dit Daniel Morris, stratège chez BNP Paribas Investment Partners.

“Cette dernière proposition suggère que MSCI privilégie une approche fondée sur la qualité et non la quantité. Cela semble être un bon début”.

Le régulateur boursier chinois (China Securities Regulatory Commission, CSRC) s‘est refusé à tout commentaire, tout comme MSCI.

Le groupe new-yorkais tiendra des consultations avec les investisseurs dans les prochaines semaines et pourrait encore éprouver des difficultés à convaincre tous ceux qui se méfient des restrictions imposées par Pékin sur les sorties de capitaux, ont indiqué certains investisseurs.

“Il y a encore beaucoup de réticence de la part des investisseurs en raison des restrictions sur les sorties de capitaux; alors je dirais que les chances d‘une intégration dans une référence mondiale cette année ne sont que d‘environ 50%”, a déclaré une personne étroitement impliquée dans les discussions.

D‘autres ont souligné que le programme Connect, qui permet aux investisseurs étrangers d‘avoir accès, via Hong Kong, aux grandes entreprises de Chine continentale cotées à Shanghaï et à Shenzhen, continue d‘avoir des problèmes opérationnels qui empêchent certains investisseurs d‘y avoir recours.

Suivant la nouvelle proposition de MSCI, la pondération des actions A dans l‘indice ne serait que de 0,5%, soit un flux d‘investissements d‘environ 12 milliards de dollars, estiment les analystes de Nomura. Le marché boursier de Chine continentale est évalué à près de 8.000 milliards de dollars.

“Je pense vraiment qu‘il y a cette fois-ci une plus grande probabilité d‘intégration mais il s‘agit d‘une petite sélection d‘actions et le montant réel de l‘investissement est très faible”, a déclaré Yannan Chenye, gestionnaire de portefeuilles et patron de la recherche sur la Chine au sein du géant chinois de la gestion d‘actifs Harvest Global Investissements.

“Mais une telle inclusion serait très symbolique car elle pousserait les investisseurs internationaux à examiner d‘un peu plus près le marché chinois”. (Claude Chendjou pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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