20 avril 2017 / 15:14 / dans 8 mois

GRAPHES-BCE-Volte-face des marchés sur les anticipations de hausse de taux

* Graphique sur les anticipations de taux et d‘inflation:

* bit.ly/2o6RkwM

* Probabilité d‘une hausse de taux sous un an ramenée à 20%

* Elle était de 100% le mois dernier

* BCE et anticipations d‘inflation expliquent ce revirement

par Dhara Ranasinghe

LONDRES, 20 avril (Reuters) - Les données du marché monétaire de l‘euro montrent un revirement des anticipations des investisseurs sur les perspectives d‘un relèvement de taux directeurs par la Banque centrale européenne (BCE) à l‘horizon d‘un an par rapport à ce qu‘elles étaient le mois dernier.

De récentes déclarations des responsables monétaires de la BCE visant à tempérer les attentes d‘un resserrement de sa politique à moyen terme et une rechute des anticipations d‘inflation à long terme expliquent ce retournement qu‘illustre l‘évolution des taux sur le marché monétaire.

Le contrat à terme sur l‘Eonia, le taux interbancaire, dont l‘échéance correspond à la date du conseil de politique monétaire de la BCE du 8 mars 2018 donne un taux de -0,34%, soit deux point de base au-dessus du taux au comptant de -0,36%.

Cet écart siginifie que les investisseurs accordent une probabilité de 20% à un relèvement de 10 points de base du taux de dépôt de la BCE, actuellement fixé à -0,40%.

Un changement spectaculaire par rapport à la situation qui prévalait au lendemain de la réunion de politique monétaire de la BCE du 9 mars, à l‘issue de laquelle son président Mario Draghi avait déclaré qu‘il n‘y avait plus la même urgence pour la banque centrale à envisager la mise en oeuvre de nouveaux outils d‘assouplissement monétaire. Dans les jours suivants, des responsables monétaires européens avaient évoqué la possibilité d‘un relèvement de taux directeurs avant même la fin de l‘assouplissement quantitatif.

Les données de marché avaient alors fait ressortir une probabilité de 100% d‘une hausse de taux au premier trimestre 2018 et de 80% au mois de décembre, date jusqu‘à laquelle il est prévu que le programme d‘achats d‘actifs de la BCE se poursuive.

Elles donnent désormais une probabilité inférieure à 20% à une hausse de taux lors de la réunion de politique monétaire du 14 décembre.

“Le marché a pratiquement renoncé à intégrer quoi que ce soit”, a dit Peter Schaffrik, responsable de la stratégie sur les taux de RBC Capital Markets. “C‘est le résultat combiné de la rhétorique (de la BCE), qui a joué un rôle déterminant, mais aussi de la chute des anticipations d‘inflation.”

Les perspectives économiques de la zone euro se sont améliorées mais le temps n‘est pas encore venu de retirer le soutien monétaire, ont dit mercredi trois des responsables monétaires de la BCE.

L‘inflation de la zone euro a dans le même temps reculé après le plus haut de quatre ans de 2% annuels atteint en février.

Les points morts d‘inflation à cinq ans dans cinq ans, une mesure des anticipations d‘inflation à très long terme suivie par la BCE, ont rechuté au cours des dernières semaines pour s‘établir à 1,60%, en dessous de l‘objectif de la banque centrale d‘une hausse des prix inférieure à, mais proche de, 2%.

Des données économiques inférieures aux attentes aux Etats-Unis et les doutes sur la capacité du président Donald Trump à mettre en oeuvre rapidement les mesures de relance budgétaire et fiscale promises ont aussi pesé sur les anticipations d‘une accélération de l‘inflation outre-Atlantique.

Cela a aussi tempéré les anticipations de hausse de taux au sein de la zone euro, ont dit des analystes.

La courbe des taux jusqu‘à un an s‘est aplatie et les taux de swap à deux ans sur l‘Eonia, considérés comme un indicateur avancé de la politique monétaire de la BCE, ont reculé.

Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale a relevé les taux le 15 mars après qu‘une série de commentaires par des responsables monétaires américains eut conduit à un revirement des anticipations de marché en faveur d‘une action à cette date.

Ces retournements des anticipations de taux en Europe comme aux Etats-Unis au cours des dernières semaines soulignent la sensibilité des marchés dans un environnement marqué par l‘évolution des banques centrales vers une normalisation de leur politique monétaire ultra-accommodante.

“Les marchés sont particulièrement nerveux maintenant que nous nous dirigeons vers la fin (des achats d‘actifs)”, a dit Benjamin Schröder, stratège taux chez ING.

Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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