17 avril 2017 / 15:23 / dans 5 mois

L'automobile chinoise veut entrer dans la cour des grands

par Joseph White et Norihiko Shirouzu

SHANGHAI, 17 avril (Reuters) - Les constructeurs automobiles étrangers implantés en Chine devront faire face à plus ou moins long terme à la nouvelle concurrence des groupes locaux qui s‘exercerait tant au niveau de la production qu‘à celui de la stratégie commerciale.

Shanghai Automotive Industry Corp (SAIC), le premier constructeur automobile chinois, veut doubler les ventes de ses marques locales cette année, mais à partir d‘un niveau très bas, ont déclaré lundi des responsables à un groupe de journalistes.

“Réussir en Chine et le préalable à la réussite ailleurs”, a dit Zhang Liang, directeur de la planification du segment véhicules de tourisme de SAIC Motor.

Les marques MG et Roewe, développées à partir des technologies du constructeur britannique failli MG Rover, doivent développer cinq modèles d‘automobiles et neuf SUV et proposer une qualité comparable à celle de marques telles que Nissan mais à un prix plus bas, a poursuivi Zhang.

Un “concept car” MG montré à la presse avant sa présentation au salon de l‘automobile de Shanghaï la semaine prochaine ressemble ainsi à une Jaguar.

“Je m‘inquiète pour elles”, a dit Zhang, faisant référence aux marques internationales. “La technologie locale gagne chaque jour en force”.

SAIC, propriété de la municipalité de Shanghaï, a créé deux coentreprises, avec Volkswagen et avec General Motors, qui ont représenté 16,5% du marché du véhicules de tourisme chinois en 2016, alors que ses propres marques n‘en revendiquaient que 1,3%.

Mais ces coentreprises à 50-50 ont produit beaucoup de cash que SAIC a employé à embaucher des designers européens pour donner plus d‘allure à ses futurs modèles MG.

Il a ainsi investi 2,25 milliards de yuans (306,7 millions d‘euros) dans de nouvelles installations à Shanghaï où ses ingénieurs travaillent avec les mêmes fournisseurs que les concurrents étrangers pour améliorer la sécurité, la qualité et la fiabilité des MG et des Roewe.

Avec l‘aide de fournisseurs tels que Mobileye, une société israélienne spécialisée dans la conduite autonome qu‘Intel est en train de racheter 15 milliards de dollars, SAIC compte proposer, à l‘instar de ses concurrents bien établis, des systèmes de sécurité avancé comme le freinage d‘urgence automatique.

STYLE EUROPÉEN, COÛTS CHINOIS

Son concurrent Zhejiang Geely Holding Group, propriétaire du suédois Volvo Cars, poursuit une stratégie identique par le biais de sa nouvelle marque Lynk & Co, marriant la recherche d‘une qualité et d‘un style européens à des coûts de production locaux bien inférieurs. Geely a organisé une manifestation dimanche soir à Shanghaï pour lancer la prouction d‘un nouveau SUV ainsi qu‘un prototype de berline baptisé “03”.

Lynk & Co compte vendre aux Etats-Unis et en Europe après son lancement en Chine, a dit à Reuters an Conghui, le président de Geely.

Geely vend ses voitures autour de 150.000 yuans (20.443 euros) actuellement, alors que les modèles Lynk & Co pourraient atteindre les 250.000 yuans (34.072 euros), soit le segment qui représente autour de 45% des ventes de véhicules de tourisme en Chine et qui est à présent dominé par des marques étrangères telles que Volkswagen, GM, Ford Motor, Toyota Motor et Honda Motor.

La marque pourrait augmenter ses prix ou les baisser suivant les réaction du consommateur, a dit An.

SAIC, Geely et d‘autres constructeurs qui montent tels que Great Wall et Chery Automobile, ont encore beaucoup de chemin à parcourir pour faire jeu égal avec les marques américaines, européennes, japonaises et coréennes en Chine.

Le client chinois n‘a pas grande confiance dans la qualité et la sécurité des marques locales et il faudra du temps et de l‘argent pour le convaincre que ses craintes ne sont plus fondées, disent des responsables de SAIC et de Geely.

C‘est ainsi que Lynk & Co compte proposer une garantie “à vie” et mettre au point un système de souscription permettant au client de ne pas passer directement par un achat coûteux.

Wilfrid Exbrayat pour le service français

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