10 avril 2017 / 16:57 / il y a 7 mois

AVANT-PAPIER-USA-Des résultats bancaires attendus sans relief au T1

par Olivia Oran, Sinead Carew et Chuck Mikolajczak

10 avril (Reuters) - Les grandes banques américaines devraient faire état à partir de cette semaine de résultats du premier trimestre sans relief, préviennent des analystes.

Ils estiment que le rally des valeurs bancaires, alimenté par les promesses du président Donald Trump d‘assouplir la réglementation et de soutenir l‘économie par une relance budgétaire massive, risque d‘en faire les frais à Wall Street.

Le récent ralentissement de la croissance des crédits, liée en partie à la remontée des taux d‘intérêt, qui a dissuadé les ménages comme les entreprises de refinancer leurs prêts en cours, est un motif de préoccupation particulier.

L‘encours des prêts consentis par le secteur bancaire américain a reculé au mois de février pour la première fois en plus de trois ans, selon des données de la Réserve fédérale. Les prêts ont légèrement reculé sur le premier trimestre dans son ensemble.

Ce ralentissement, qui a surpris les analystes comme les investisseurs, est imputable non seulement à un recul des refinancements hypothécaires et des prêts aux entreprises mais aussi aux incertitudes entourant la politique économique et les perspectives de croissance de l‘activité.

“Les chiffres sur le crédit ne cadrent pas avec la tonalité optimiste émanant des banques”, a dit Patrick Kaser, gérant chez Brandywine Global.

La Fed a relevé son principal taux directeur d‘un quart de point en mars, pour la deuxième fois en trois mois. La remontée des taux à court terme s‘est toutefois accompagnée d‘une baisse des taux à long terme, entraînant un aplatissement de la courbe des taux, ce qui réduit les marges d‘intérêt des banques et pèse sur leurs résultats.

JPMorgan Chase &Co, Citigroup et Wells Fargo lanceront la saison des publications trimestrielles bancaires jeudi, suivies la semaine prochaine par Bank of Amercia, Goldman Sachs et Morgan Stanley.

Les analystes de Wall Street s‘attendent en moyenne à ce que les six plus grandes banques américaines fassent état de bénéfices nets en hausse de 4,7% par rapport à la même période un an auparavant, selon des données de Reuters.

EFFET DE BASE FAVORABLE

Cette progression attendue tient compte d‘un effet de base a priori favorable, le premier trimestre 2016 ayant été particulièrement médiocre du fait d‘activités de marché et de crédit en berne sur fond de craintes de rechute de l‘économie mondiale en récession.

Plusieurs analystes ont toutefois revu leurs attentes à la baisse au cours des dernières semaines en arguant du ralentissement du crédit et du fort recul des activités de marché sur actions dans lesquelles les commissions sont sous pression en raison de l‘évolution du cadre réglementaire et du recul des actifs des gérants discrétionnaires.

Un moins grand nombre d‘opérations de fusions-acquisitions se traduira aussi par une baisse des revenus des activités de banque d‘investissement. Au total, les facteurs négatifs devraient l‘emporter sur les améliorations attendues dans des activités comme le trading obligataire ou la gestion privée.

Glenn Schorr, analyste bancaire d‘Evercore ISI, a qualifié le trimestre “d‘acceptable” mais en ajoutant que ce ne serait “certainement pas le trimestre de folie que tout le monde espérait.”

Les grandes banques sont à la peine pour dégager un rendement des fonds propres convenable depuis des années. Elles ont aussi dû consacrer des milliards de dollars ces dernières années au règlement de litiges et à la mise en conformité aux nouvelles réglementations adoptées après la crise financière de 2008. Elles se sont aussi lancées dans d‘ambitieux programmes de réduction de leurs coûts et de développement.

Avec l‘élection de Donald Trump à la Maison Blanche et un Congrès jugé plus favorable aux milieux d‘affaires, les investisseurs espéraient un assouplissement de la réglementation et une accélération de la croissance.

Les valeurs bancaires ont été les premières bénéficiaires du “Trump trade”, cette hausse des marchés alimentée par les anticipations d‘une embellie de l‘économie américaine avec l‘espoir d‘une mise en oeuvre rapide des promesses du nouveau président.

L‘indice KBW des banques a progressé de 32% entre le 7 novembre, veille de l‘élection du candidat républicain, et son pic du 1er mars. Les valeurs bancaires ont aussi été l‘un des principaux moteurs de la hausse des grands indices de Wall Street.

Elles ont depuis perdu de leur lustre, cédant 6% le mois dernier alors que Wall Street restait stable dans l‘ensemble.

L‘incapacité, voire l‘opposition, du Congrès à adopter des réformes promises par Trump et considérées comme plus urgentes que la déréglementation bancaire et les incertitudes sur la politique commerciale, fiscale et budgétaire de la nouvelle administration pourraient peser sur la croissance à moyen terme, estiment des analystes.

“Les attentes étaient élevées en début d‘année et si le premier trimestre n‘est certainement pas un mauvais trimestre, les revenus sont probablement moins soutenus que ce que les mouvements de marché auraient impliqué”, a dit David Konrad, analyste de Macquarie.

Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison

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