22 février 2017 / 07:29 / dans 9 mois

LEAD 2-AccorHotels fait mieux qu'attendu en 2016 malgré la France

* Résultat opérationnel 2016 en hausse de 3,8% en comparable

* L‘opérationnel plonge de 13% en France

* La cession de HotelInvest attendue avant la mi-juillet

* Pas de demande de Jin Jiang en matière de siège ou de capital

* Chute du titre en Bourse, jugé déjà bien valorisé (Actualisé avec conférence téléphonique, cours de Bourse)

par Pascale Denis

PARIS, 22 février (Reuters) - AccorHotels a publié des résultats annuels record et meilleurs qu‘attendu, malgré une forte baisse en France pour cause de chute du tourisme, et s‘est montré prudent pour 2017 face à un environnement économique et géopolitique incertain.

Le groupe aux enseignes Ibis, Mercure, Sofitel, Fairmont ou Raffles et qui va faire entrer Nicolas Sarkozy à son conseil , a vu sa croissance organique ralentir à 2,2% (contre 2,9% en 2015), après une année difficile en France mais aussi au Brésil où il a pâti des effets de la crise économique.

Il est cependant parvenu à dégager un résultat opérationnel en hausse de 3,8% en comparable à 696 millions d‘euros - dépassant le consensus (de 676 millions) comme la fourchette qu‘il avait anticipée en octobre 2016.

En dépit de résultats jugés “solides et rassurants” par les analystes de Kepler Cheuvreux, le titre AccorHotels cède -2,87% à 37,51 euros vers 15h00, accusant ainsi la plus forte baisse du CAC 40 (-0,21%).

“Le titre est bien valorisé et il aurait fallu des signaux plus forts d‘amélioration attendue en France pour qu‘il monte davantage”, souligne un analyste sous couvert d‘anonymat.

* Graphique de valorisation d‘Accor et de ses concurrents :

bit.ly/2mljPkO

Par ailleurs, l‘arrivée de Nicolas Sarkozy, défenseur des fleurons français et proche du Qatar (2e actionnaire d‘AccorHotel) pourrait selon lui faire barrage aux ambitions de Jin Jiang et limiter par là-même les spéculations sur une prise de contrôle par le groupe chinois.

Le PDG du groupe Sébastien Bazin, a quant à lui déclaré à la presse, en réponse à une question, que Jin Jiang son premier actionnaire et principal concurrent en France, n‘avait à ce jour pas exprimé de souhait en matière de siège ou de participation.

MUTATIONS DE L‘INDUSTRIE

D‘autres analystes estiment que le marché sanctionne le manque de précision sur l‘utilisation du cash qu‘AccorHotels tirera de la cession programmée de son immobilier (HotelInvest).

Le groupe a indiqué que cette vente lui permettrait de “saisir les opportunités liées à la mutation de son industrie”, laissant anticiper de nouvelles acquisitions.

“On peut en déduire qu‘il y aura un retour de cash limité pour les actionnaires”, notent les analystes de Berenberg.

Face à la concurrence des agences en ligne comme Booking et des plates-formes de partage comme Airbnb, AccorHotels opère une profonde mutation.

Il a bouclé en juillet dernier le rachat des prestigieuses marques de FRHI (Fairmont, Raffles, Swissotel) pour combler ses manques dans le segment du luxe et a engagé la cession de ses actifs immobiliers, attendue d‘ici mi-juillet.

La valeur de ces actifs (murs d‘hôtels en propriété et location) a été estimée à 6,6 milliards d‘euros à la fin 2016, et AccorHotels a indiqué qu‘il pourrait en conserver environ 30%.

Le groupe a aussi multiplié les acquisitions défensives, rachetant en l‘espace d‘un an le site Onefinestay, la conciergerie John Paul et le spécialiste américain de la location de villas de luxe Travel Keys, et prenant des parts dans les plates-formes Oasis Collections et Squarebreak.

Il va aussi se lancer sur le marché porteur des auberges de jeunesse avec sa marque “Jo&Joe” attendue en 2018.

AccorHotels a réaffirmé mercredi que la part de ces “nouveaux” métiers parallèles à l‘hôtellerie traditionnelle devrait représenter à moyen terme 30% de ses ventes.

En 2016, le groupe a profité de la contribution de FRHI à sa performance opérationnelle et de bons résultats en Europe du Nord (55% du résultat opérationnel) grâce à de solides performances en Allemagne et au Royaume-Uni où les touristes se ruent depuis l‘été, attirés par le recul de la livre.

REPRISE PROGRESSIVE EN FRANCE

Cette hausse a permis de compenser une chute de 13% du résultat d‘exploitation en France, plombé par une baisse de 13,2% du Revpar (revenu par chambre, principal indicateur d‘activité de l‘hôtellerie) à Paris, très impacté par les attentats, les grèves et le sentiment d‘insécurité.

L‘activité s‘est toutefois reprise en fin d‘année en France et le mois de janvier a vu le Revpar grimper de 10%, a précisé le directeur financier, qui s‘est toutefois montré prudent disant anticiper un retournement “progressif” en 2017.

La marge opérationnelle a grimpé de 50 points de base à 12,4%, dopée par HotelInvest, tandis que la gestion hôtelière (HotelServices) a vu la sienne chuter de 180 points à 25,0%, plombée par les multiples acquisitions réalisées en 2016.

Au total, les ventes ont atteint 5,63 milliards d‘euros (+0,9% en données publiées), contre 5,68 milliards attendus. Le résultat net a progressé de 8,1% à 266 millions et le dividende a été porté à 1,05 euro (contre 1,0 euro).

Le communiqué :

bit.ly/2m6qOSJ (Edité par Jean-Michel Bélot)

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