16 février 2017 / 15:17 / dans 9 mois

Les sites des journaux américains profitent d'un "effet Trump"

NEW YORK, 16 février (Reuters) - En accusant les médias d‘information traditionnels d‘être “le parti de l‘opposition” et de propager de “fausses informations”, la nouvelle administration américaine, Donald Trump en tête, apparaissent comme le meilleur argument des éditeurs de presse pour attirer de nouveaux abonnés numériques.

La question cependant reste ouverte quant à l‘arrivée de nouveaux annonceurs en ligne, vitale puisque les revenus publicitaires issus de la diffusion des “journaux-papier” continuent de s‘effondrer.

Au cours du dernier trimestre 2016, en pleine campagne électorale, les éditions numériques du New York Times, que le 45e président des Etats-Unis n‘évoque sur son compte Twitter qu‘en lui accolant l‘adjectif “failing” (défaillant, à la dérive), ont enregistré un nombre record de 276.000 abonnés supplémentaires.

Sur le trimestre en cours, les revenus publicitaires de ses éditions en ligne sont en augmentation de 10 à 15% et la société table sur 200.000 abonnements supplémentaires.

Le Wall Street Journal a attiré 113.000 abonnements numériques de plus au cours du dernier trimestre d‘exploitation, en progression de 12%. Il avance des chiffres encore plus positifs pour le mois de janvier, marqué par l‘entrée en fonction de Donald Trump à la Maison blanche.

Le Financial Times affiche 6% d‘abonnements numériques en plus au quatrième trimestre 2016 (à 646.000) et le réseau USA Today Network, qui regroupe 109 journaux locaux, a engrangé sur la même période 26% d‘abonnements supplémentaires, à 182.000.

Ces titres traditionnels tentent d‘exploiter à leur profit les accusations proférées par le camp Trump par des campagnes publicitaires jouant sur le thème des “fake news”, ces fausses informations mises en lumière durant la campagne et qui ont amené Facebook, Google et d‘autres acteurs des réseaux sociaux à réfléchir à leur implication dans la propagation de fausses nouvelles. et

Après la campagne, le Wall Street Journal communiquait ainsi sur sa couverture “produite, éditée et vérifiée dans une véritable salle de rédaction”.

Le New York Times a lancé en janvier une campagne publicitaire avec comme slogan : “La vérité a besoin de votre soutien.” Même inspiration au Financial Times qui tente d‘attirer de nouveaux abonnés via le double slogan “Faits. Vérités.”

Du côté des revenus publicitaires, en revanche, les clivages apparus lors de la bataille électorale ont conduit des annonceurs à faire preuve d‘une grande prudence dans le choix de leurs supports.

Natalie Prout, de l‘agence Phenomenon spécialisée dans la stratégie des marques et basée à Los Angeles, souligne qu‘une marque faisant par exemple sa publicité sur le Huffington Post risque d‘être perçue comme soutenant une ligne politique marquée à gauche.

Jessica Toonkel, Henri-Pierre André pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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