15 février 2017 / 16:09 / dans 9 mois

LEAD 1-Moscovici demande des efforts à tous pour un accord grec

(Actualisé avec déclarations supplémentaires, changement de slug)

par Renee Maltezou et Joseph Nasr

ATHENES/BERLIN, 15 février (Reuters) - Les discussions entre la Grèce et ses créanciers pour conclure l‘examen des réformes entreprises par Athènes en échange d‘une aide financière ont progressé mais nécessitent encore des efforts pour aboutir, a déclaré mercredi Pierre Moscovici.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières se trouve à Athènes pour tenter de rapprocher les points de vue entre la Grèce, ses créanciers de la zone euro, dont l‘Allemagne, et le Fonds monétaire international (FMI).

Des divergences persistent sur les objectifs budgétaires fixés à la Grèce, sur d‘éventuels allègements supplémentaires du fardeau de la dette grecque et sur les efforts nécessaires pour conclure un examen désormais engagé depuis des mois.

La lenteur des progrès a ravivé les craintes d‘une crise financière dans la zone euro au cas où la Grèce, faute d‘une nouvelle enveloppe versée par ses créanciers, ne pourrait honorer des remboursements de dette arrivant à échéance cet été.

“Il y a une convergence sur certains points afin que nous puissions conclure l‘examen et avancer”, a dit Pierre Moscovici à la presse avant une rencontre avec le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos. “Il reste à faire quelques petits pas supplémentaires.”

Athènes espère conclure un accord “politique” d‘ici le lundi 20 février, date à laquelle les ministres des Finances de la zone euro se pencheront sur le cas grec à Bruxelles.

Pierre Moscovici a déclaré au Premier ministre grec, Alexis Tsipras, que cette réunion de l‘Eurogroupe “pourrait fixer les paramètres d‘un accord pour conclure la revue”.

“Des efforts sont nécessaires de la part de toutes les parties; avec un peu plus d‘efforts, nous pouvons y arriver, nous devons y arriver”, a-t-il ajouté.

Un tel compromis au niveau politique permettrait aux représentants des créanciers de retourner à Athènes pour donner leur accord technique aux réformes réclamées au gouvernement grec et ainsi ouvrir la voie à une validation de la procédure d‘examen par les créanciers.

LE FMI N‘A PAS CHANGÉ D‘AVIS

“Nous allons discuter encore et encore jusque lundi (...) afin d‘obtenir la participation de tous, afin que les paramètres de ce qui pourrait être un compromis conviennent à chacun”, a poursuivi Pierre Moscovici, ajoutant que tout accord nécessiterait la participation du FMI.

L‘Union européenne estime que la Grèce peut dépasser son objectif d‘un excédent budgétaire primaire de 3,5% de son produit intérieur brut (PIB) en 2018, date d‘expiration du plan d‘aide de 86 milliards d‘euros conclu en 2015.

Le FMI, qui n‘a pas encore décidé de sa participation à ce troisième plan de sauvetage de la Grèce, pense en revanche que les mesures réclamées à Athènes ne peuvent permettre d‘atteindre qu‘un excédent primaire de 1,5%, à moins que le pays adopte des mesures d‘austérité supplémentaires et bénéficie d‘un allègement de dette significatif.

Les responsables européens reprochent au FMI un excès de pessimisme et l‘Allemagne considère que la Grèce n‘a pas besoin d‘un allègement de dette mais d‘une poursuite de ses efforts pour améliorer sa compétitivité.

Berlin souhaite que le FMI participe à ce troisième plan d‘aide pour en renforcer la crédibilité. La perspective des élections législatives cette année en Allemagne ne devrait pas inciter le gouvernement d‘Angela Merkel à assouplir sa position.

Poul Thomsen, directeur du département Europe au FMI, a déclaré au journal allemand Handelsblatt que l‘opinion de son institution sur la Grèce n‘avait pas changé.

“Les accusations selon lesquelles nos modèles sont obsolètes et que nous sommes en permanence trop pessimistes se heurtent au fait que le programme grec rate ses objectifs depuis des années maintenant”, a-t-il dit.

Euclide Tsakalotos a pour sa part exhorté le FMI à prendre une décision rapidement.

“Si le FMI veut coopérer, il devrait prendre une décision rapide et cesser de formuler des exigences déraisonnables”, a-t-il écrit dans une tribune publiée par le journal allemand Bild.

La Grèce, qui a dépassé ses objectifs budgétaires en 2016 et a déjà baissé 11 fois les retraites depuis le début de la crise de sa dette, refuse d‘envisager des coupes supplémentaires dans ses dépenses. Alexis Tsipras a déclaré à Pierre Moscovici qu‘il serait destructeur de débattre de nouvelles mesures d‘austérité et qu‘une “alliance de raison” était nécessaire pour parvenir à un accord. (Marc Angrand et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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