23 novembre 2016 / 15:57 / dans 10 mois

LEAD 1-Londres attend plus de dette, moins de croissance avec le Brexit

* La croissance attendue à 1,4% en 2017 et non plus à 2,2%

* La dette publique prévue à 90,2% du PIB en 2017-2018

* Le gouvernement veut préparer l‘économie au Brexit (Actualisé avec autres annonces sur le budget et les prévisions)

par William Schomberg et David Milliken

LONDRES, 23 novembre (Reuters) - La Grande-Bretagne devra s‘endetter davantage que prévu en raison du ralentissement économique attendu après le vote en faveur d‘une sortie de l‘Union européenne, a annoncé mercredi le ministre des Finances, Philip Hammond, lors de la présentation au Parlement du premier projet de budget depuis la victoire du camp du Brexit en juin.

Les prévisions économiques exposées par le chancelier de l‘Echiquier risquent de laisser peu de marges de manoeuvre au gouvernement de Theresa May pour accroître les dépenses publiques ou abaisser fortement l‘impôt sur les sociétés dans l‘espoir de limiter l‘impact d‘une sortie de l‘UE.

La Grande-Bretagne devra emprunter au cours des cinq prochaines années 122 milliards de livres (143,5 milliards d‘euros) de plus que prévu avant le référendum du 23 juin, a précisé Philip Hammond. La dette publique devrait atteindre un pic à 90,2% du produit intérieur brut (PIB) lors de l‘année fiscale 2017-2018, a-t-il dit.

“Notre tâche désormais est de préparer notre économie à être résistante lors de notre sortie de l‘UE et prête pour la transition qui suivra”, a déclaré le ministre des Finances sous les acclamations des députés de son Parti conservateur.

Philip Hammond a jugé que le Brexit rendait “plus urgente que jamais la nécessité de s‘attaquer aux faiblesses de notre économie comme le déficit de productivité”.

A cette fin, le gouvernement prévoit de porter ses investissements dans les infrastructures dans une fourchette de 1,0% à 1,2% du PIB à partir de 2020, contre 0,8% à l‘heure actuelle, a-t-il annoncé. Le ministère des Finances a débloqué 23 milliards de livres supplémentaires sur les cinq prochaines années pour des investissements dans le réseau ferroviaire, les télécoms et le logement.

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L‘Office for Budget Responsibility (OBR), l‘organisme public qui établit les prévisions économiques servant de base au budget, prévoit désormais une progression du PIB britannique de 1,4% en 2017, contre une précédente estimation de 2,2% en mars, et de 1,7% en 2018, contre 2,1% en mars.

Les prévisions du mois de mars avaient été établies sur l‘hypothèse d‘un vote favorable au maintien de la Grande-Bretagne dans l‘Union européenne lors du référendum du 23 juin.

Philip Hammond a souligné que, aux yeux de l‘OBR, l‘incertitude au sujet des futures relations commerciales de la Grande-Bretagne avec ses voisins de l‘UE, qui absorbent près de la moitié de ses exportations, amputerait la croissance des années à venir de 2,4 points.

“Nous maintiendrons notre engagement en faveur de la discipline budgétaire tout en reconnaissant la nécessité d‘investissements pour soutenir la productivité et de marges budgétaires pour soutenir l‘économie durant la transition”, a dit le ministre des Finances.

L‘économie britannique a jusqu‘à présent nettement mieux résisté au vote pour le Brexit que ne l‘avaient anticipé la Banque d‘Angleterre et la plupart des économistes.

La Grande-Bretagne devrait afficher un déficit public de près de 22 milliards de livres sur l‘exercice 2019-2020, qui constituait encore tout récemment la date-butoir fixée par le prédécesseur de Philip Hammond, George Osborne, pour parvenir à l‘équilibre, selon les prévisions de l‘OBR.

“La Première ministre et moi-même restons fermement attachés à un retour des finances publiques à l‘équilibre aussi rapide que possible (...) tout en laissant suffisamment de souplesse pour soutenir l‘économie à court terme”, a dit Philip Hammond.

Afin d‘atténuer l‘impact attendu sur les ménages les plus pauvres, le ministère des Finances a annoncé avant l‘allocution de Philip Hammond que le gouvernement allait relever en avril le salaire horaire minimum à 7,50 livres, contre 7,20 livres actuellement, annuler partiellement les coupes prévues dans les prestations accordées aux faibles revenus et faciliter l‘accès au logement pour les plus bas revenus. (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

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