15 novembre 2016 / 14:13 / dans 10 mois

LEAD 2-La dette grecque au centre de la visite d'Obama à Athènes

(Actualisé avec déclarations de Barack Obama, incidents à Athènes)

ATHÈNES, 15 novembre (Reuters) - Barack Obama est arrivé mardi en Grèce, dans le cadre de la dernière tournée à l‘étranger de son mandat, et Athènes espère que cette visite de deux jours contribuera à convaincre ses créanciers d‘alléger sa dette.

Le président américain, qui remettra les clés de la Maison blanche à Donald Trump le 20 janvier, a dès son arrivée fait un geste dans cette direction en déclarant que les Etats-Unis se tiendraient au côté de la Grèce dans les épreuves qu‘elle doit surmonter et en disant constater les progrès qu‘elle a réalisés.

“La Grèce a traversé des heures très difficiles ces dernières années”, a déclaré Barack Obama lors d‘une rencontre avec son homologue grec, Prokopis Pavlopoulos.

“Nous sommes heureux de constater les progrès qui sont réalisés tout en reconnaissant qu‘il reste encore des défis considérables à surmonter et nous avons l‘intention de rester au côté du peuple grec tout au long du processus.”

“Au reste de l‘Europe, je vais continuer de dire que l‘austérité ne peut à elle seule être le vecteur de la prospérité”, a-t-il également déclaré lors d‘une rencontre avec le Premier ministre Alexis Tsipras.

“On ne peut pas simplement considérer l‘austérité comme une stratégie”, a-t-il dit après cette entrevue.

“Nous avons toujours estimé que lorsque l‘économie se contracte à une telle vitesse, lorsque le chômage est si élevé, il faut un projet de retour à la croissance qui vienne en parallèle et il paraît compliqué d‘imaginer une stratégie de croissance sans mécanisme d‘allègement de la dette.”

“PAS BESOIN DE PROTECTEURS”

Abordant ensuite la question des migrants et des réfugiés, à laquelle la Grèce est confrontée en premier lieu, Obama a estimé qu‘un seul pays ne pouvait “porter à lui seul un tel fardeau”.

La présence du président américain n‘a pas fait l‘unanimité, comme en a témoigné le rassemblement de 7.000 manifestants en soirée dans le centre d‘Athènes pour protester à la fois contre la visite de Barack Obama et contre les mesures d‘austérité instaurées par le gouvernement d‘Alexis Tsipras.

“Nous n‘avons pas besoin de protecteurs”, clamait une banderole tandis qu‘une autre réclamait le départ des “Yankees”.

La police a dispersé à l‘aide de gaz lacrymogène les manifestants, dont certains se réclamaient du Front militant de tous les travailleurs (PAME). Deux cocktails Molotov ont été lancés en direction des forces de l‘ordre.

La visite du président américain intervient deux jours avant l‘anniversaire de la révolte étudiante de 1973, matée dans le sang par la junte militaire appuyée par les Etats-Unis.

Les organisations humanitaires et de défense des droits de l‘homme ont appelé Barack Obama à mettre l‘accent sur la nécessité de voir l‘Europe apporter une réponse globale à la crise et à demander aux pays les plus riches de prendre en charge un plus grand nombre de migrants.

“Le président Barack Obama doit profiter de sa visite pour mettre en lumière les conditions effroyables pour des dizaines de milliers de réfugiés bloqués en Grèce, mais aussi l‘incapacité des dirigeants du monde à faire face à la crise plus globale des réfugiés”, a déclaré John Dalhuisen, directeur pour l‘Europe d‘Amnesty International.

Barack Obama, qui doit prononcer mercredi un discours sur la démocratie, est logé dans une résidence luxueuse située à moins de 15 kilomètres d‘un aéroport désaffecté où sont hébergés des centaines de migrants et de réfugiés.

Après Athènes, qui n‘a pas accueilli de président américain depuis Bill Clinton en 1999, Barack Obama se rendra à Berlin où il s‘entretiendra vendredi avec Angela Merkel et d‘autres dirigeants européens, dont François Hollande et la Britannique Theresa May). Il ira ensuite au Pérou pour un sommet économique de la région Pacifique (Apec) samedi et dimanche, auquel participera également le président chinois Xi Jinping. (Lefteris Papadimas et Renee Maltezou, Jean-Philippe Lefief et Nicolas Delame pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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