31 octobre 2016 / 15:57 / il y a un an

UE-Barroso chez Goldman Sachs, pas d'infraction pour le comité d'éthique

* Le comité d‘éthique de la Commission critique le transfert

* Mais il affirme que les règles actuelles n‘ont pas été violées

* L‘Ombudsman européen envisage une enquête

BRUXELLES, 31 octobre (Reuters) - José Manuel Barroso n‘a violé aucune règle en étant recruté par la banque d‘affaires américaine Goldman Sachs mais l‘ancien président de la Commission européenne n‘a pas fait preuve d‘un “bon jugement”, selon l‘avis du comité d‘éthique de l‘exécutif de l‘UE rendu public lundi.

Son successeur Jean-Claude Juncker a ouvert en septembre une enquête sans précédent sur ce dossier dans le but de vérifier la conformité de cette embauche à la législation européenne.

Goldman Sachs a annoncé début juillet avoir recruté José Manuel Barroso au poste de conseiller et président non exécutif de sa branche internationale basée à Londres. L‘ex-chef du gouvernement portugais est chargé de conseiller la banque sur le Brexit, le départ du Royaume-Uni de l‘Union européenne.

Dans une lettre à Jean-Claude Juncker, José Manuel Barroso affirme qu‘il n‘a pas été engagé par Goldman Sachs pour faire du lobbying et qu‘il a été recruté avant le référendum britannique.

Le comité d‘éthique reconnaît tout d‘abord que la “période de refroidissement” réglementaire de 18 mois pendant laquelle un commissaire ne peut accepter un travail portant sur des dossiers qu‘il avait à connaître à Bruxelles a été respectée.

Ses membres soulignent qu‘ils n‘auraient donc théoriquement même pas dû être consultés mais que Jean-Claude Juncker a saisi le comité de manière “exceptionnelle”.

Cette instance note que l‘ancien président de la Commission a été “directement” impliqué dans la gestion de la crise financière qui a failli avoir raison de l‘euro et dans l‘élaboration des outils qui ont permis de le sauver.

“Son expérience et ses connaissances sur ces matières seront précieuses pour Goldman Sachs”, écrit le comité qui rappelle l‘émoi provoqué par les méthodes jugées “agressives” de la banque américaine et son rôle présumé dans la crise.

LA RÉPUTATION DE LA COMMISSION TERNIE

“M. Barroso aurait dû être conscient et informé qu‘en agissant ainsi il déclencherait des critiques et risquerait de nuire à la réputation de la Commission, et de l‘Union en général. Dans le cas inverse, il aurait en l‘occurrence fait preuve de négligence”, ajoutent ses trois membres.

“Il n‘a pas fait preuve du bon jugement que l‘on pourrait attendre de quelqu‘un qui a occupé un poste à haute responsabilité pendant de si longues années.”

Mais le comité estime que tout cela est “insuffisant pour établir que M. Barroso a violé son devoir d‘intégrité et de discrétion”, et qu’“aussi longtemps” que Goldman Sachs “respecte les règles de droit, il n‘est pas en soi illégal d‘accepter de travailler pour la banque”.

L‘affaire Barroso est d‘autant plus sensible qu‘elle intervient au moment où l‘UE doit lutter contre la perception du public qui la voit comme une pièce du capital mondial après la décision du Royaume-Uni de quitter l‘Union européenne.

Le président français François Hollande avait jugé le 14 juillet dernier que le recrutement annoncé de José Manuel Barroso, était “moralement inacceptable”.

Emily O‘Reilly, l‘Ombudsman européen chargé de faire le lien entre les citoyens et les institutions, affirme que, de ses récents contacts avec la Commission, elle retient que l‘exécutif européen ne compte pas réviser le code de conduite.

Elle envisage dans un communiqué d‘ouvrir une enquête.

Le comité d‘éthique comprend trois membres : un ancien juge néerlandais à la Cour de justice de l‘Union, un social-démocrate allemand ancien membre du Parlement européen et un ancien haut responsable autrichien à la Commission européenne.

Selon les traités européens, les anciens commissaires qui n‘agissent pas avec intégrité dans leurs prises de fonctions après avoir quitté la Commission peuvent être privés de leurs droits à la retraite.

José Manuel Barroso a été président de la Commission européenne entre 2004 et 2014 après avoir été Premier ministre du Portugal en 2002-2004. (Yves Clarisse, édité par Sophie Louet)

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