25 juillet 2016 / 04:05 / dans un an

RPT SYNTHESE 1 -Le G20 s'engage à soutenir la croissance après le Brexit

(Répétition sans changement d‘une dépêche diffusée dimanche)

* L‘impact du Brexit a dominé la réunion de Chengdu

* Le G20 utilisera “tous les leviers” pour aider la croissance

* Il reconnaît que la croissance doit être mieux partagée

par William Schomberg et Elias Glenn

CHENGDU, Chine, 24 juillet (Reuters) - Les ministres des Finances et banquiers centraux du Groupe des 20 économies les plus importantes de la planète ont renouvelé dimanche leur engagement à soutenir la croissance et à mieux en partager les fruits, au terme d‘une réunion dominée par l‘impact de la sortie de la Grande-Bretagne de l‘Union européenne et par le risque protectionniste.

Philip Hammond, le nouveau ministre britannique des Finances, a assuré à ses collègues réunis à Chengdu, dans la province chinoise du Sichuan, que les incertitudes autour du “Brexit” commenceraient à s‘estomper une fois que Londres aura présenté sa vision de ses relations futures avec l‘Europe, dans les prochains mois espère-t-il. Mais il a reconnu que la volatilité sur les marchés financiers pourraient perdurer durant les négociations qui dureront plusieurs années.

“L‘incertitude commencera à retomber quand nous serons en mesure de dire clairement quel genre d‘arrangement nous envisageons avec l‘Union européenne”, a-t-il dit à la presse.

“Si nos partenaires de l‘Union européenne répondent positivement à une telle vision -- mais cela sera évidemment sujet à négociation -- alors on pourra s‘accorder sur où nous voulons aller (...) et j‘espère que cela enverra un signal rassurant au monde des affaires et aux marchés.”

Dans le communiqué publié à l‘issue de la réunion de deux jours, les ministres du G20 reconnaissent que le Brexit, qui a dominé les discussions, avait ajouté de l‘incertitude à une économie mondiale dont la croissance est “plus faible que ce qui serait souhaitable”. Ils jugent toutefois les Etats membres “bien placés pour traiter de manière proactive les conséquences économiques et financières potentielles.”

“Au vu des récents développements, nous réitérons notre détermination à utiliser tous les leviers de politique -- monétaire, budgétaire et structurel -- individuellement et collectivement pour parvenir à notre objectif d‘une croissance forte, durable, équilibrée et inclusive”, poursuit le communiqué.

Mardi, le FMI a revu en baisse ses prévisions de croissance mondiale à cause des incertitudes liées au Brexit.

Alors que la politique monétaire avait dominé les précédentes réunions des grands argentiers du G20, le sujet a été peu débattu cette fois et les discussions ont surtout porté sur la croissance, a déclaré le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau.

Le secrétaire américain au Trésor, Jack Lew, a fait état d‘un large consensus autour de la nécessité d‘une croissance plus forte. Un consensus facile à atteindre, a noté malicieusement le ministre chinois Lou Jiwei, puisque la croissance actuelle est trop faible.

LES SURCAPACITÉS, UN PROBLÈME MONDIAL

Le spectre du protectionnisme, réveillé non seulement par le Brexit mais aussi par les promesses de campagne du candidat républicain Donald Trump aux Etats-Unis, s‘est aussi invité à la réunion du G20.

“Il n‘y a pas seulement le Brexit mais aussi d‘autres risques pour la croissance, et il y eu beaucoup de débats sur la nécessité d‘être vigilants face à d‘autres évolutions comme le terrorisme, les risques géopolitiques ou les flux de réfugiés”, dit un responsable du ministère japonais des Finances. “Beaucoup d‘inquiétudes ont été exprimées concernant le protectionnisme.”

Dans le communiqué, le G20 souligne “le rôle du libre-échange et d‘un système de commerce international fort et sûr pour promouvoir une croissance économique mondiale inclusive”, c‘est-à-dire générant un fort taux d‘emploi, et il s‘engage à produire de nouveaux efforts pour “revitaliser le commerce mondial et augmenter l‘investissement.”

Il reconnaît les difficultés engendrées par les surcapacités industrielles, en particulier dans le secteur de l‘acier, et les conséquences négatives qu‘elles ont pour le commerce et les travailleurs. Les surcapacités “constituent un problème mondial qui requiert des réponses collectives”, affirme le communiqué.

“Nous reconnaissons aussi que les subventions et autres types de soutien apportés par les gouvernements ou institutions publiques peuvent causer des distorsions de marché et contribuer à des situations de surcapacités, cela requiert donc de l‘attention”, ajoute-t-il.

Le problème des surcapacités n‘était pas mentionné dans les communiqués des précédentes réunions du G7, en février et en avril. Celui publié ce week-end ne cible pas nommément la Chine, accusée de dumping par les Etats-Unis et d‘autres pays, mais Jack Lew a dit avoir évoqué le problème avec son homologue chinois.

Les risques de dévaluations compétitives ont également été évoqués et les ministres du G20 se sont une nouvelle fois engagés à ne pas y avoir recours, mais ce sujet, bien que mentionné dans le communiqué, ne semble pas avoir tenu une place aussi importante dans les discussions qu‘à la précédente réunion du G20 en février à Shanghai.

Taro Aso, le ministre japonais des Finances, s‘est toutefois publiquement inquiété de la dépréciation du yuan chinois.

“Que ce soit à la hausse ou à la baisse, des mouvements trop rapides du yuan ne sont pas souhaitables”, a-t-il dit à la presse. “D‘ailleurs l‘affaiblissement du yuan n‘est pas forcément une bonne chose pour l‘économie chinoise : il favorise peut-être les exportations mais renchérit les coûts à l‘importation.”

Haruhiko Kuroda, le gouverneur de la Banque du Japon, a assuré que les participants n‘avaient pas discuté d‘un recours à de la “monnaie hélicoptère”, terme imagé pour désigner la distribution directe d‘argent aux ménages afin de stimuler la croissance et l‘inflation.

“Cette réunion du G20 n‘a pas discuté de choses considérées comme de la monnaie hélicoptère, et cette expression de monnaie hélicoptère n‘a d‘ailleurs pas été employée du tout”, a-t-il dit, balayant une nouvelle fois les spéculations sur un possible recours du Japon à cette mesure extrême. (avec Jan Strupczewski, Gernot Heller, Tetsushi Kajimoto, David Lawder et Kevin Yao, Julie Carriat et Véronique Tison pour le service français)

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