14 juillet 2016 / 02:27 / dans un an

GB-Theresa May nomme son gouvernement, demande du temps à l'Europe

* L‘ancienne ministre de l‘Intérieur au 10 Downing Street

* Boris Johnson nommé à la tête de la diplomatie

* David Davis, autre eurosceptique, ministre du Brexit

* Hammond aux Finances pour rassurer les investisseurs

* May promet une politique en faveur des Britanniques

par Kylie MacLellan et William James

LONDRES, 14 juillet (Reuters) - A peine nommée mercredi Première ministre du Royaume-Uni pour organiser la sortie de son pays de l‘Union européenne, Theresa May a appelé à ses côtés deux influents partisans du Brexit, l‘ex-maire de Londres Boris Johnson qui récupère le ministère des Affaires étrangères et David Davis qui hérite du portefeuille ad hoc créé pour l‘occasion.

Les tâches principales qui attendent ce nouveau gouvernement sont la gestion du divorce entre Londres et le bloc communautaire après le référendum du 23 juin où les partisans du Brexit l‘ont emporté et la relance d‘une économie menacée par la récession. Cette dernière mission revient au nouveau ministre des Finances, Philip Hammond, qui était chargé de la diplomatie dans le précédent gouvernement.

Dans sa première déclaration publique en tant que chef du gouvernement, Theresa May a reconnu que la Grande-Bretagne était confrontée “à une période de grands défis après le référendum”. “Mais parce que nous sommes la Grande-Bretagne, je sais que nous nous montrerons à la hauteur de ces défis”, a-t-elle ajouté avant d‘entrer au 10 Downing Street.

“Nous allons quitter l‘Union européenne et nous forger un nouveau rôle audacieux dans le monde et nous ferons de la Grande-Bretagne un pays qui ne fonctionne pas pour un petit nombre de privilégiés mais pour chacun d‘entre nous”, a-t-elle promis.

Theresa May, qui avait fait campagne en faveur du maintien (“Remain”) de la Grande-Bretagne dans l‘UE, succède à David Cameron, au pouvoir depuis 2010 et réélu en 2015.

Lors d‘un entretien mercredi soir au téléphone avec Angela Merkel et François Hollande, elle a indiqué que la Grande-Bretagne avait besoin de temps avant d‘entamer les négociations en vue de sa sortie.

L‘article 50 du Traité de Lisbonne prévoit une période de deux années pour négocier le départ d‘un Etat membre.

CABINET PRO-BREXIT

La nouvelle Première ministre britannique n‘a pas tardé à se mettre au travail après avoir été reçue en audience au palais de Buckingham par la reine Elisabeth, comme le veut la tradition.

Moins d‘une heure après son entrée en fonction, Theresa May a dévoilé la composition de son gouvernement, marqué par plusieurs figures de proue du camp du Brexit, dont Boris Johnson, qui crée la surprise en accédant au poste de chef de la diplomatie.

La nomination de l‘ancien maire de Londres, haut en couleurs et très peu diplomate promet d‘être accueillie avec perplexité, voire consternation dans les chancelleries européennes.

Elle marque toutefois l‘effort de conciliation opéré par Theresa May, qui a eu maille à partir avec Johnson, et qui tend désormais la main aux partisans du “Leave”, alors qu‘elle était en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l‘Union européenne.

Elle confirme ainsi son engagement à respecter le résultat des urnes, matérialisé dans son nouveau slogan, “Brexit is Brexit” (“Le Brexit est le Brexit”).

C‘est David Davis qui aura le premier rôle dans le processus de négociation de sortie de l‘UE. Il a d‘ores et déjà prévenu que le Royaume-Uni prendrait son temps avant de déclencher l‘article 50 du Traité de Lisbonne, qui sonne le début d‘une période de deux années pour négocier le départ.

Agé de 67 ans, il avait perdu en 2005 face à David Cameron pour la direction du Parti conservateur.

“PAS LES NANTIS”

Rassurer les milieux économiques sera la tâche qui incombera à Philip Hammond, ancien ministre des Affaires étrangères, qui devient chancelier de l‘Echiquier. Il succède à George Osborne. Ce proche de David Cameron a présenté sa démission.

Philip Hammond va devoir trouver les moyens de relancer une économie britannique qui montre des signes de ralentissement et est menacée de récession depuis le référendum du 23 juin.

Le ministre, qui a fait campagne en faveur de maintien dans l‘UE, pourrait déterminer une nouvelle trajectoire budgétaire après que son prédécesseur George Osborne a renoncé à son objectif d‘un excédent d‘ici 2020.

Theresa May est la treizième Première ministre du Royaume-Uni, et la deuxième femme chef de gouvernement après Margaret Thatcher.

Considérée comme dure en affaires, compétente et avare de confidences sur sa vie privée, elle est déjà comparée à la chancelière allemande Angela Merkel.

En plus de limiter les dégâts attendus sur le commerce et l‘investissement tout en menant son pays hors de l‘UE, Theresa May devra unifier une nation divisée par un scrutin au cours duquel se sont exprimés la colère et le ressentiment de la population à l‘égard des élites et de la mondialisation.

Consciente des difficultés qui l‘attendent, Theresa May a précisé d‘emblée: “Le gouvernement que je vais diriger ne sera pas animé par la défense des intérêts de quelques privilégiés mais par les vôtres. Nous ferons tout ce que nous pourrons pour vous donner plus de contrôle sur votre existence.”

“Quand nous prendrons de grandes décisions, nous ne penserons pas aux puissants mais à vous, lorsque nous adopterons des lois, nous n‘écouterons pas les puissants mais vous, quand il s‘agira de fiscalité nous ne favoriserons pas les nantis mais vous”, a-t-elle promis.

Très attentive à ce Brexit, la présidence américaine a félicité Theresa May pour sa nomination.

A Paris, François Hollande a adressé ses félicitations à Theresa May tout en réaffirmant son souhait que les négociations sur le Brexit “s‘engagent le plus rapidement possible”.

Auparavant, David Cameron était apparu sur le perron du 10, Downing Street aux côtés de son épouse Samantha Cameron et de leurs trois enfants, pour faire ses adieux après six ans à la tête du gouvernement, marqués par la question européenne mais aussi la gestion de la crise de 2008.

“Cela n‘a pas été un voyage facile et bien sûr nous n‘avons pas toujours pris la bonne décision”, a-t-il dit, “mais je pense qu‘aujourd‘hui notre pays est bien plus fort”. (Pierre Sérisier et Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle Rouquié)

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