13 janvier 2016 / 17:33 / dans 2 ans

LEAD 2-Le désaccord entre Volkswagen et les USA reste entier

(Actualisé avec déclarations des autorités américaines, contexte)

par Jan Schwartz, Georgina Prodhan et David Shepardson

WASHINGTON, 13 janvier (Reuters) - L‘autorité américaine de l‘environnement a déclaré mercredi, après avoir reçu le président du directoire de Volkswagen, qu‘aucun accord n‘avait été conclu avec le groupe allemand sur les moyens de remettre aux normes près de 600.000 véhicules diesel dont les émissions polluantes sont jusqu‘à 40 fois supérieures aux plafonds autorisés.

Une porte-parole de Gina McCarthy, la présidente de l‘Environmental Protection Agency (EPA), l‘agence fédérale de protection de l‘environnement, a simplement déclaré dans un communiqué publié après cet entretien d‘une heure avec Matthias Müller que l‘EPA avait apprécié la discussion.

“Nous allons continuer de travailler à une solution”, a-t-elle ajouté.

Matthias Müller avait déclaré dimanche qu‘il avait l‘intention de proposer une solution à l‘EPA lors de cette entrevue, sollicitée par le groupe. Ni Volkswagen ni l‘EPA n‘ont souhaité dire si une proposition avait été présentée mercredi.

Mardi, les autorités de Californie, l‘Etat dans lequel a éclaté le scandale du trucage des moteurs diesel de VW, a rejeté le projet soumis par le constructeur en décembre, le jugeant “inapproprié” et trop lent à mettre en oeuvre, un rejet approuvé par l‘EPA.

Matthias Müller, qui était accompagné d‘Herbert Diess, le patron de la marque VW, a quitté l‘immeuble de l‘EPA à Washington vers 11h00 (16h00 GMT) sans faire le moindre commentaire.

“URGENCE”

“Nous apprécions que l‘administratrice McCarthy ait pris le temps de nous rencontrer”, a dit le groupe dans un communiqué. “Volkswagen continuera de coopérer pleinement.”

A Detroit, où débute cette semaine le salon de l‘automobile, Chris Grundler, qui dirige le Bureau des transports et de la qualité de l‘air de l‘EPA, a déclaré lors d‘un débat que l‘agence fédérale souhaitait disposer aussi vite que possible d‘une procédure de remise aux normes des véhicules truqués.

“Nous sommes dans l‘urgence”, a-t-il dit sans toutefois préciser aucun calendrier et sans expliquer pourquoi les propositions initiales de Volkswagen avaient été rejetées.

Dimanche, Matthias Müller avait expliqué qu‘il allait proposer aux autorités américaines d‘installer un nouveau convertisseur catalytique sur quelque 430.000 véhicules équipés du logiciel de trucage des tests anti-pollution.

Mais sa bonne volonté affichée pourrait être remise en cause après l‘entretien qu‘il a accordé à la National Public Radio, dans lequel il a semblé tenter d‘amoindrir la portée du scandale, préférant évoquer un problème technique et non éthique.

Ces propos et le temps qu‘il aura mis à se rendre aux Etats-Unis ont soulevé des questions sur sa gestion de la crise.

“IRRITATION”

Volkswagen a tenté d‘apaiser les débats en publiant un communiqué dans lequel le constructeur dit comprendre l’“irritation” provoqué par les termes choisis par Matthias Müller en anglais, précisant qu‘il ne s‘agit pas de sa langue maternelle.

“Il est important pour lui (Matthias Müller) de faire comprendre que Volkswagen s‘excuse de manière franche et sincère pour avoir trahi la confiance de la population américaine”, dit le texte.

De source syndicale, le conseil de surveillance de VW s‘est dit “abasourdi” par les propos de Matthias Müller. “C‘est une semaine cruciale pour Volkswagen qui peine à regagner du terrain aux Etats-Unis. Ces propos sont tout sauf utiles et ils n‘auraient jamais dû être prononcés”, a dit la source qui s‘exprimait sous le sceau de l‘anonymat.

Volkswagen a demandé à refaire l‘interview, expliquant que Matthias Müller avait été troublé par l‘environnement bruyant du salon de Detroit où s‘est déroulé l‘entretien en anglais.

Ferdinand Dudenhöffer, qui dirige le Centre de recherche sur l‘automobile de Duisbourg-Essen, juge que VW et son dirigeant ont essuyé un échec stratégique aux Etats-Unis.

“Je pense qu‘ils ont considérablement sous-estimé la détermination de l‘Amérique à résoudre ce problème avec sérieux et efficacité. Ils ont donné l‘impression de vouloir gagner du temps. Les Américains détestent ça.” (avec Anika Ross et Andreas Cremer; Nicolas Delame et Patrick Vignal pour le service français, édité par Véronique Tison et Marc Angrand)

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