11 janvier 2016 / 12:21 / dans 2 ans

AVANT-PAPIER-Les résultats de sociétés US attendus encore en baisse au T4

par Caroline Valetkevitch

NEW YORK, 11 janvier (Reuters) - La saison des résultats qui commence à Wall Street cette semaine pourrait confirmer une réalité que les investisseurs ne veulent pas voir: si l‘économie américaine se porte bien, les résultats de sociétés, eux, sont en récession.

Les bénéfices des entreprises du Standard & Poor’s 500 sont attendus en moyenne en baisse de 4,2% au quatrième trimestre, selon les données Thomson Reuters. Il s‘agirait d‘un deuxième trimestre consécutif de recul, soit la définition technique d‘une récession des profits.

Les chiffres d‘affaires sont quant à eux prévus en repli de 3,2% en moyenne.

Plombés par la chute des cours du pétrole et des matières premières, les compartiments de l‘énergie et des matériaux seront montrés du doigt, comme au troisième trimestre. Mais l‘ampleur de la récession des bénéfices pourrait dépendre des valeurs de la consommation, qui ont multiplié ces dernières semaines les avertissements.

Le compartiment des biens de consommation non contrainte a gagné 8,4% l‘an dernier, la meilleure performance sectorielle du S&P, sous l‘impulsion notamment de Netflix et d‘Amazon , les deux plus fortes hausses de l‘indice.

Mais après cinq ans de forte croissance, et malgré le coup de pouce au pouvoir d‘achat que constitue de la baisse des prix de l‘essence, les investisseurs sont plus pessimistes pour ces valeurs au quatrième trimestre et leur prévision moyenne pour la croissance des résultats du secteur n‘est plus que de 8,4%, contre 13,6% il y a trois mois.

Sur les dernières semaines, 25 entreprises du secteur ont averti sur leurs résultats alors qu‘aucune n‘a communiqué de “guidance” positive, du jamais vu depuis au moins 2006 selon FactSet. Historiquement, deux tiers seulement des pré-annonces dans ce compartiment sont négatives.

Tous secteurs confondus, 85 entreprises du S&P-500 ont à ce stade orienté à la baisse les estimations des analystes pour le quatrième trimestre, pour 26 qui ont fait des pré-annonces positives, des proportions en ligne avec celles des trimestres précédents, selon FactSet.

Macy‘s, le groupe de grands magasins, a réduit ses prévisions de résultats pour la deuxième fois la semaine dernière en mettant en avant le temps anormalement doux de la fin d‘année et les effets du dollar fort.

L Brands, GameStop, Starbucks, Target et AutoNation ont également averti sur leurs résultats.

Dix-sept des 25 entreprises du secteur qui ont averti ont pointé du doigt le dollar fort mais pour Robert Pavlik, stratège chez Boston Private Wealth à New York, la faiblesse de la consommation peut aussi s‘expliquer par l‘endettement des ménages.

“Malgré l‘effet favorable de la baisse des prix de l‘énergie, les gens cherchent encore à se désendetter”, dit-il.

LES VALORISATIONS RESTENT ÉLEVÉES

Au bout du compte, les bénéfices des sociétés du S&P-500 sont attendus stables sur l‘ensemble de 2015. Les analystes anticipent à ce stade une croissance de 7,5% en 2016 mais cette estimation a été revue à la baisse puisqu‘elle s‘élevait à 10,3% au 1er octobre.

La plus mauvaise performance sectorielle du S&P devrait encore revenir aux valeurs de l‘énergie, sur fond de poursuite de la glissade des prix du pétrole. Le secteur des matériaux devrait lui aussi afficher une baisse à deux chiffres, reflétant l‘effondrement des cours des matières premières.

Goldman Sachs a réduit jeudi ses prévisions de résultats des sociétés du S&P-500 pour 2015, 2016 et 2017, sous l‘impact du secteur de l‘énergie qui, selon la banque, devrait accuser une rare perte opérationnelle sur l‘ensemble de 2015.

Goldman Sachs a aussi motivé cet abaissement par le ralentissement de la croissance chinoise, ce qui ne manquera pas d‘inquiéter après le calamiteux début d‘année de Wall Street.

Les principaux indices ont perdu autour de 6% sur l‘ensemble de la semaine dernière, soit le plus mauvais début d‘année de leur histoire, dans le sillage des marchés chinois.

Même après ce mouvement vendeur, les valorisations restent tendues. Le S&P-500 se paie 15,7 fois les résultats estimés, à comparer à une médiane de 14,7 sur les dix dernières années, selon les données Thomson Reuters.

“On entre dans la période des résultats du quatrième trimestre et le compartiment de l‘énergie se fait toujours massacrer. Qui seront les groupes qui prendront la tête ? Je crains qu‘ils n‘émergent pas”, dit Daniel Morgan, gérant chez Synovus Trust Company à Atlanta. (Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand)

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