8 décembre 2015 / 14:47 / dans 2 ans

GRAPHES-Zone euro-Divergence durable des risques crédit et périphérique

par Dhara Ranasinghe

LONDRES, 8 décembre (Reuters) - L‘appréciation par les investisseurs du risque souverain des pays périphériques de la zone euro et du risque des émetteurs “corporate” diverge depuis cet été, une nouvelle donne appelée à durer, avec les achats d‘actifs de la Banque centrale européenne mais pas seulement.

L‘indice Markit iTraxx Europe, qui reflète le coût de protection contre le risque de défaut à cinq ans d‘un univers d‘émetteurs “corporate” de la zone euro notés en catégorie d‘investissement, qui présentait ces dernières années une corrélation certaine avec l‘écart de rendement entre les emprunts d‘Etat de référence allemand et italien, une mesure du risque souverain sur la dette périphérique de la zone euro, diverge de celui-ci depuis le début du troisième trimestre.

Graphique sur l'évolution comparée de l'indice Markit iTraxx Europe et de l'écart de rendement Bund-BTP à dix ans depuis 2011 : bit.ly/1IRI0fu

Ces deux indicateurs évoluaient en parallèle depuis la crise des dettes souveraines de 2011, les investisseurs percevant la dette souveraine des pays périphériques comme au moins aussi risquée que celle d‘entreprises bénéficiant de notations équivalentes.

“L‘assimilation au crédit des marchés de la dette périphérique provenait principalement des craintes d‘un éclatement de la zone euro”, explique Nicholas Spiro, directeur général de Spiro Sovereign Strategy.

“Ces craintes ont sensiblement reculé et la convergence est de nouveau le maître mot pour les obligations périphériques.”

Le programme d‘assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne (BCE) lancé en mars pour un montant mensuel de 60 milliards d‘euros, principalement ciblé sur les dettes souveraines de la zone euro, a fortement contribué au resserrement des écarts de rendement.

Le découplage entre risque crédit et risque périphérique pourrait se poursuivre en 2016, et pour d‘autres motifs que les seules interventions de la BCE, estiment plusieurs analystes.

L‘amélioration des conditions économiques et les réformes structurelles conduites dans les pays périphériques ont en effet contribué à une réappréciation du risque souverain associé.

“On observe une prudence réelle et justifiée sur les marchés du crédit, en partie en raison des craintes d‘une période de croissance mondiale plus faible”, estime Giles Gale, responsable de la stratégie de taux pour l‘Europe de RBS, qui a fait du découplage entre les actifs risqués et les dettes périphériques de la zone euro l‘un des thèmes d‘investissement majeurs pour 2016.

Pour David Watts, responsable de la stratégie de taux pour l‘Europe de CreditSights, les facteurs de risques pour le crédit se trouvent en dehors de la zone euro plutôt qu‘au sein de celle-ci.

“Il y a les matières premières, la hausse des taux directeurs de la Fed, la faiblesse des marchés émergents et l‘inconnu chinoise”, énumère-t-il. “Jusqu‘à présent tous ces éléments étaient plutôt des facteurs de soutien.”

Il ajoute que si les taux de défaut des émetteurs corporate européens sont restés assez faibles, le sentiment des investisseurs à l‘égard de cette catégorie d‘actifs a pâti des défauts enregistrés aux Etats-Unis.

Nigel Stephenson pour le graphique, Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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