6 décembre 2015 / 16:53 / dans 2 ans

La BRI prône une approche plus systémique de la compensation

par Huw Jones

LONDRES, 6 décembre (Reuters) - Les conséquences nées de l‘obligation de faire transiter de plus en plus de transactions de dérivés par les chambres de compensation ne sont pas encore bien appréhendées et les régulateurs doivent adopter une approche plus systémique pour évaluer les risques, lit-on dans un document publié dimanche par la Banque des Règlements internationaux (BRI).

Lorsque Lehman Brothers s‘était effondrée en 2008, les régulateurs avaient eu beaucoup de mal à détecter qui étaient les contreparties de ses contrats de dérivés, une incertitude qui avait bouleversé les marchés.

Les autorités ont ainsi décidé que des pans entiers d‘un marché des dérivés qui pèse 552.000 milliards de dollars ne pouvaient plus faire l‘économie d‘une compensation centrale, mécanisme qui permet l‘exécution d‘une transaction même si l‘une des deux parties fait défaut.

La BRI observe qu‘il existe un risque d’“effet domino” si une chambre de compensation se retrouve en grande difficulté et sans avoir les ressources de contenir le phénomène, du fait des réseaux multiples créés entre lesdites chambres et leurs clients, en particulier les banques.

De ce fait, les régulateurs craignent que les chambres de compensation ne finissent par entrer dans la catégorie des “too big to fail”, soit des établissements dont la faillite créerait un risque systémique, une préoccupation que la BRI partage en partie en estimant qu‘il faut en faire davantage quant à leur supervision.

Même si la BRI observe que, dans ce domaine, des progrès “impressionnants” ont été réalisés, elle ajoute que les interactions entre les chambres de compensation et le reste du système financier sont “au mieux, imparfaitement saisies”.

Pour l‘heure, les régulateurs font surtout en sorte que des chambres de compensation telles qu‘Eurex Clearing, filiale de Deutsche Börse, ICE Clear, filiale d‘Intercontinental Exchange, et LCH.Clearnet, propriété de London Stock Exchange, soient suffisamment pourvues en capital et suivent des méthodes éprouvées d‘évaluation et de couverture du risque transactionnel.

Cette approche est peut-être trop limitée.

Alors que les chambres peuvent protéger le système financier de chocs d‘amplitude relativement faible, il est possible qu‘elles risquent au contraire d‘amplifier les plus intenses, poursuit la BRI.

Il se peut que les chambres sous-estiment les marges initiales constituées pour garantir les transactions et la concurrence entre elles pourrait être synonyme de normes de gestion du risque devenues moins rigoureuses.

Une analyse plus poussée des implications de la compensation centrale doit aider les autorités “à envisager une perspective macroprudentielle pour la régulation et la supervision de systèmes financiers qui reposent sur la compensation centrale”, lit-on encore dans le document.

Le terme de macroprudentiel fait référence à une intervention des banques centrales à grande échelle, qui pourraient par exemple exiger des chambres qu‘elles constituent des marges plus élevées afin de prévenir une éventuelle surchauffe du marché des dérivés. (Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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