19 novembre 2015 / 12:01 / il y a 2 ans

LEAD 2-France-L'accident d'un TGV en Alsace dû à une vitesse excessive

(Actualisé avec précisions)

PARIS, 19 novembre (Reuters) - L‘accident d‘une rame d‘essai du TGV Est qui a fait onze morts samedi dernier en Alsace a été provoqué par une vitesse excessive, a déclaré jeudi Christian Cochet, directeur de l‘audit et des risques à la SNCF.

Le train effectuait un parcours d‘essai entre Saverne et Strasbourg, sur le deuxième tronçon de la ligne à grande vitesse du TGV Est, long de 106 km, qui doit entrer en service en avril 2016.

Il roulait à 265 km/h à l‘entrée de la courbe qui amorce la phase de jonction avec le réseau classique, au lieu des 176 prescrits à cet endroit par le protocole d‘essai, a dit Christian Cochet. Sa vitesse était de 247 km/h au moment même du déraillement.

“Les investigations réalisées par les enquêteurs n‘ont pas permis d‘identifier d‘autres origines possibles de ce déraillement”, a-t-il précisé.

La séquence de freinage, pour parvenir à la vitesse autorisée, aurait dû intervenir “au moins un kilomètre plus tôt”, a ajouté le responsable sécurité de la compagnie ferroviaire.

Le conducteur du TGV, qui est sorti vivant de l‘accident, avait assuré avoir respecté les limitations de vitesse.

Sous l‘effet de la force centrifuge, les six wagons sont sortis des voies en abordant la courbe, à l‘entrée d‘un pont, et sont tombés cinq mètres plus bas en se disloquant dans un champ ou dans le canal de la Marne au Rhin pour la motrice de queue.

INFORMATION JUDICIAIRE PROCHAINE

L‘accident s‘est produit sur la commune d‘Eckwersheim, à 12 kilomètres au nord-ouest de la gare de Strasbourg.

Seize personnes restaient hospitalisées jeudi dont deux dans un état critique, a indiqué lors d‘une conférence de presse le procureur adjoint de Strasbourg, Alexandre Chevrier.

Il a également annoncé le dessaisissement du parquet de Strasbourg au profit de celui de Paris, l‘un des deux pôles spécialisés, avec Marseille, dans les accidents collectifs.

Frédérique Porterie, procureur en charge de ces dossiers à Paris, a indiqué qu‘une information judiciaire - en principe pour homicides et blessures involontaires - serait ouverte prochainement.

Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a par ailleurs annoncé une série de mesures immédiates telles que “le gel des marches d‘essai à grande vitesse jusqu‘à intégration des premiers enseignements des enquêtes” mais également des sanctions.

“Des suspensions conservatoires vont être décidées après audition des intéressés. En effet, parmi les constats de l‘audit figure la présence d‘enfants à bord et de sept personnes en cabine”, a-t-il dit lors de la conférence de presse.

Quelque 53 personnes, dont un certain nombre d‘invités, avaient pris place à bord de la rame qui effectuait le dernier d‘une série de 200 essais menés avant la mise en service de la ligne.

Aucun enfant ni aucun des occupants du poste de conduite ne figure parmi les personnes décédées. Le directeur de la ligne et le directeur des essais ont en revanche perdu la vie.

Guillaume Pepy a également décidé “d‘interdire la présence de personnels n‘appartenant pas à l‘équipe projet à bord des rames ou sur les sites d‘essai”.

Tout en se félicitant que la nouvelle ligne ne soit pas mise en cause par l‘enquête interne, Jacques Rapoport, PDG de SCNF-Réseau, a souligné que des travaux supplémentaires seraient nécessaires pour vérifier son état après l‘accident.

“Il est raisonnable de penser qu‘un report de la date de mise en service devra être retenu”, a-t-il dit. (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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