7 janvier 2015 / 09:35 / il y a 3 ans

France-Macron, avocat des "milliardaires", irrite encore à gauche

PARIS, 7 janvier (Reuters) - Emmanuel Macron hérisse de nouveau à gauche en invitant les jeunes Français à avoir “envie de devenir milliardaires”, une dérive de l‘idéal républicain français vers le “rêve américain” libéral selon les détracteurs du ministre de l‘Economie.

Dans une interview publiée mercredi dans Les Echos, le ministre dit comprendre “la sensibilité des Français sur la question des hautes rémunérations” tout en soulignant sa préférence pour que “des personnes qui ont du talent et qui prennent des risques soient très bien rémunérées, plutôt que d‘avoir une économie de rentiers qui s‘étiole”.

“Les entrepreneurs qui réinjectent leur argent en France ont un rôle fondamental à jouer. L‘économie du Net est une économie de superstars. Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires”, dit-il, ajoutant qu‘il ne fait pas partie de “ceux qui stigmatisent les entreprises du CAC 40”.

Le premier secrétaire du Parti socialiste a manifesté sa désapprobation avec mesure sur RTL, à l‘inverse de “la gauche de la gauche” qui de nouveau étrillé Emmanuel Macron, jadis banquier d‘affaires chez Rothschild & Cie.

“Je ne sais pas si c‘est le conseil qu‘on doit donner aux jeunes Français”, a commenté Jean-Christophe Cambadélis.

“L‘appât du gain, des milliardaires, etc., ce n‘est pas tout à fait ma tasse de thé, mais je reconnais qu‘il est ministre de l‘Economie et moi premier secrétaire du Parti socialiste”.

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, a déploré une “rhétorique à l‘américaine”.

“Nous dire qu‘on va sortir la France de la difficulté parce qu‘il y aura quelques milliardaires de plus, c‘est ridicule”, a-t-il dit sur France Info.

“Je fais remarquer à Emmanuel Macron que des milliardaires, nous en avons, c‘est bien le problème. Nous avons au CAC 40 des gens qui s‘engraissent (...), ça produit la crise, la pauvreté les inégalités”, a-t-il ajouté.

Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, “c‘est le rêve américain des années 50 à la place du rêve républicain”.

“Je pense qu‘il aurait pu se dispenser de ce genre de déclaration”, a-t-il déclaré sur iTELE.

Sur Twitter, Raquel Garrido, porte-parole du Parti de gauche, juge “pitoyable” que “six ans après la crise des subprimes le rêve de #Macron soit le rêve américain”.

A droite, où des élus UMP accueillent positivement la déclaration d‘Emmanuel Macron, l‘ancien Premier ministre François Fillon s‘est montré dubitatif.

“Je comprends que c‘est un objectif qui peut être le sien, ou qui a pu être le sien dans le passé, mais c‘est surtout je trouve un peu réducteur comme idéal de vie”, a-t-il dit sur BFM TV. (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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