February 27, 2013 / 3:33 PM / 7 years ago

L'Egypte va autoriser l'émission d'obligations islamiques

LE CAIRE, 27 février (Reuters) - Le gouvernement égyptien a approuvé mercredi un projet de loi qui autorisera le Trésor à émettre des obligations islamiques, mesure dont il espère qu’elle permettra à l’Egypte de réduire son déficit budgétaire et reconstituer ses réserves de change.

Le projet de loi élaboré par le gouvernement dominé par les islamistes autorise également le secteur privé à recourir à ces obligations, appelées “soukouk”, compatibles avec les principes du Coran qui interdit l’usure.

La loi doit être votée par la chambre haute du parlement - la chambre basse a été dissoute - avant d’être ratifiée par le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans. Un premier projet avait été revu par les théologiens islamiques.

L’émission de soukouk pourrait alléger la pression qui pèse sur les finances publiques égyptiennes à l’approche des élections législatives, programmées à partir de fin avril.

Les réserves de change du pays sont tombées à 13,6 milliards de dollars - l’équivalent de moins de trois mois d’importations - et le déficit budgétaire devrait atteindre 12,3% du produit intérieur brut (PIB) fin juin si aucune réforme économique n’est menée d’ici là.

Or, le gouvernement rechigne à adopter des mesures de rigueur impopulaires pendant la période électorale, ce qui retarde d’autant un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) sur l’octroi d’un prêt de 4,8 milliards de dollars.

Selon le ministre des Finances, Al Morsi al Sayed Hegazi, un spécialiste de la finance islamique nommé en début d’année, la Banque islamique de développement (Bid) serait prête à acheter environ six milliards de dollars de soukouk.

Tous les experts ne sont cependant pas aussi optimistes.

“Le problème, ce ne sont pas les outils, mais le manque d’appétit des investisseurs pour l’Egypte en cette période de confusion (politique)”, estime Oussama Mourad, un spécialiste des marchés financiers, selon lequel les soukouk pourraient permettre de couvrir “10 ou 15% des besoins de financement de l’Egypte”.

Les négociations avec le FMI doivent reprendre le mois prochain, mais Fitch Ratings a dit mercredi ne plus s’attendre à la conclusion d’un accord avant au mieux le troisième trimestre.

“Les élections (qui se dérouleront en plusieurs phases, NDLR) devraient s’étendre jusqu’à fin juin, peu avant le début du ramadan et des vacances d’été”, souligne l’agence de notation.

“Cela n’empêchera pas les négociations, mais il sera probablement plus simple de conclure un accord après des élections qui auront permis la formation d’un gouvernement avec un mandat clair.”

Le gouvernement égyptien a fait savoir mercredi que les réformes économiques demandées par le FMI s’étaleraient sur une période beaucoup plus longue que ce qui avait été envisagé, sans fournir davantage de détails. (Tom Perry, avec Alexander Dziadosz et Asma Alsharif, Tangi Salaün pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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