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Sociétés

POINT HEBDO-La réalité sanitaire malmène le doux rêve des marchés

* La dégradation sur le front sanitaire rend les marchés fébriles

* Ils étaient peut-être trop optimistes

* L’élection présidentielle américaine se rapproche

* La prudence s’impose à court terme sur les actions-gérants

par Patrick Vignal

PARIS, 25 septembre (Reuters) - Après avoir longtemps vu le verre à moitié plein, les marchés financiers commencent à le considérer comme à moitié vide.

L’hésitation cède en effet la place à une nervosité palpable, entretenue principalement par l’évolution de la crise sanitaire avec notamment la mise en place de nouvelles mesures de restriction dans plusieurs pays d’Europe, où le nombre de cas de contaminations par le COVID-19 continue de grimper.

En y ajoutant des valorisations tendues illustrées par la poursuite de la correction sur les géants américains de la technologie, l’approche de l’élection présidentielle aux Etats-Unis et la persistance des tensions entre Washington et Pékin, on obtient un environnement incertain et guère favorable à la poursuite de l’envol insouciant des indices boursiers.

Les perspectives économiques, elles aussi, sont moins réjouissantes, quoique nullement catastrophiques, explique Stéphane Déo, stratégiste de La Banque Postale Asset Management.

Après une phase initiale extrêmement marquée, le rebond de la croissance se poursuit mais à un rythme moins effréné et le niveau de surprises économiques positives revient lui aussi à des niveaux plus bas, souligne-t-il.

“La reprise sera spectaculaire au troisième trimestre mais sans doute moins vigoureuse ensuite, avec un profil en forme d’aile d’oiseau”, dit-il.

“Dans ce contexte, nous sommes relativement prudents sur les actions pour les prochains mois.”

Les marchés avaient pourtant flambé au printemps et au début de l’été, portés par le scénario sans doute trop optimiste d’une sortie de crise proche avec l’arrivée rapide d’un vaccin contre le COVID-19.

LE SOUTIEN BUDGÉTAIRE APPELÉ À LA RESCOUSSE

La délivrance, cependant, ne viendra qu’avec la levée des doutes sur le plan sanitaire, qui demeurent nombreux, a déclaré mardi le président de Réserve fédérale américaine.

“Une reprise complète ne sera susceptible de se produire que lorsque les gens auront confiance dans le fait qu’il est sûr de s’engager à nouveau dans une large gamme d’activités”, a dit Jerome Powell devant un commission parlementaire en mettant l’accent sur l’élément décisif, dont personne ne maîtrise le calendrier.

Il existe toutefois des raisons de demeurer constructif à moyen terme, à commencer par l’impressionnant arsenal de mesures mises en place par les banques centrales comme par les gouvernements pour faire face à la crise, s’accordent à dire les gérants et les analystes.

Ces mesures préservent l’économie et créent les conditions d’un rebond lorsque l’épidémie sera passée, selon eux.

“La difficulté est désormais d’amorcer la combinaison du retrait progressif du soutien des pouvoirs publics et de la mise en oeuvre du soutien budgétaire européen”, lit-on dans un communiqué publié jeudi par S&P Global Ratings, qui vient de relever légèrement ses prévisions de croissance pour la zone euro.

Aux Etats-Unis, les élus démocrates de la Chambre des représentants travaillent à un plan de soutien de 2.200 milliards de dollars (1.885 milliards d’euros) qui pourrait être soumis au vote dans les prochains jours.

Un accord sur ce front ramènerait un peu de sérénité sur les marchés mais ne résoudrait pas tous les problèmes avec encore de la volatilité à prévoir du côté des Etats-Unis, où Donald Trump a refusé de s’engager à une passation pacifique du pouvoir s’il venait à s’incliner face à son rival démocrate Joe Biden.

Les regards du monde se tourneront mercredi vers Cleveland, dans l’Ohio, où les deux hommes participeront à leur premier débat en vue du scrutin du 3 novembre, qui promet d’être chaud.

LES STRATÉGIES DÉFENSIVES REPRENNENT DU SERVICE

Tous ces éléments doivent conduire les investisseurs à naviguer prudemment en mettant l’accent sur les stratégies défensives, dit-on chez Swiss Life Asset Management.

Les banques centrales devraient demeurer accommodantes et les taux d’intérêt sont appelés à demeurer historiquement bas pendant longtemps, écrivent dans une note les experts de la branche de gestion d’actifs de l’assureur suisse.

L’investisseur confronté à cette situation ne peut plus considérer les classes d’actifs alternatives aux actions, à commencer par les obligations, comme des placements sécurisés, ajoutent-il.

“Les marchés actions demeurent, par conséquent, incontournables au sein d’une stratégie diversifiée”, disent-ils avant d’inviter les investisseurs à protéger leur portefeuille contre les excès de volatilité tout en évitant de prendre des risques inconsidérés.

Les titres de qualité à faible volatilité sont une option à considérer, préconise Swiss Life AM au moment où paraît s’amorcer une rotation au profit de ces valeurs.

Dans ses vues à trois mois, LBPAM adopte pour sa part un positionnement négatif sur les obligations souveraines et neutre sur les actions comme sur le crédit.

Du côté des actions, l’exposition de la société de gestion est neutre sur toutes les zones géographiques, avec des attentes de rendement de -1% pour l’ensemble des pays développés et la Chine et de -2% pour les autres pays émergents.

En attendant les dernières nouvelles sur le plan sanitaire et notamment les progrès vers l’introduction d’un vaccin, les investisseurs continueront à surveiller les indicateurs économiques, avec notamment à l’agenda des prochains jours des indices d’activité du secteur privé chinois, mercredi, et du secteur manufacturier dans les économies européennes, le lendemain.

édité par Blandine Hénault

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