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Économie

Facebook: Lancement du "Conseil de surveillance" peu de temps avant l'élection US

(Reuters) - Le Conseil de surveillance du contenu (“Oversight Board”) de Facebook débutera finalement ses travaux à la mi-octobre, un retard qui pourrait selon un de ses membres limiter sa capacité à traiter des sujets liés à l’élection présidentielle de novembre aux États-Unis.

Le Conseil de surveillance du contenu ("Oversight Board") de Facebook débutera finalement ses travaux à la mi-octobre, un retard qui pourrait selon un de ses membres limiter sa capacité à traiter des sujets liés à l'élection présidentielle de novembre aux États-Unis. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic

Créé par la firme américaine en réponse aux critiques sur ses manquements en matière de modération des publications sur le réseau social, ce conseil indépendant aura dans un premier temps le pouvoir de statuer sur les décisions prises par le groupe en matière de suppressions de contenus sur les plateformes Facebook et Instagram.

Certains experts ont jugé que cette approche, centrée ainsi sur les contenus déjà supprimés de comptes individuels, ne permettrait pas de s’attaquer efficacement aux problèmes majeurs que sont la désinformation et les discours de haine. Le Conseil n’est pas censé non plus surveiller dans un premier temps le contenu publicitaire ou les comptes de groupes.

Initialement prévu l’an dernier, le lancement du Conseil de surveillance de Facebook a été, entre autres, ralenti par la pandémie de coronavirus, a déclaré un porte-parole.

Parmi ses membres, Alan Rusbridger a déclaré qu’il ignorait si le conseil traiterait du contenu relatif à la compétition électorale américaine, soulignant toutefois que les publications de Donald Trump n’avaient pas été examinées pendant la période de tests.

“Nous n’avons pas traité de cas Trump”, a précisé Alan Rusbridger, ancien rédacteur en chef du quotidien britannique The Guardian. “Nous avons traité d’un cas de nudité et d’un cas de blasphème.”

En juin dernier, plusieurs dizaines d’employés de Facebook avaient quitté temporairement leur bureau pour protester contre la gestion par Mark Zuckerberg de publications incendiaires du président américain. Son concurrent Twitter avait quant à lui averti ses utilisateurs que la véracité des propos de Donald Trump était sujette à caution.

UNE “RÉSONANCE PLUS LARGE”

Annoncée début mai, la vingtaine de premiers membres du Conseil de surveillance a tenu plusieurs réunions virtuelles pour discuter de la sélection des affaires et du traitement des opinions minoritaires, a indiqué Alan Rusbridger.

Qualifié par certains de “Cour suprême” du réseau social, le conseil, qui devrait s’élargir à 40 personnes, compte déjà parmi ses membres une ancienne Première ministre, un lauréat du prix Nobel de la Paix et des experts en droit constitutionnel.

La mise en oeuvre des décisions liées à l’analyse des contenus supprimés peut prendre jusqu’à 90 jours, un temps divisé par trois lorsque Facebook estime que le sujet en question à des “conséquences urgentes dans le monde réel”.

Si les cas seront examinés sur la base de requêtes déposées par des d’utilisateurs, Alan Rusbridger a précisé que le Conseil de surveillance se mettrait en quête d’affaires ayant une “résonance plus large”.

Le géant du numérique pourra également demander au conseil de lui fournir des recommandations en matière de politique de surveillance de contenu sans toutefois être contraint de les suivre, un système de fonctionnement critiqué par certains parlementaires démocrates américains.

Version française Juliette Portala, édité par Jean-Michel Bélot

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