July 31, 2020 / 6:04 AM / 7 days ago

Engie-S1 en berne, revue des services et nouvelles cessions en vue

PARIS, 31 juillet (Reuters) - Engie a annoncé vendredi une revue stratégique d’une partie de ses activités de services, ainsi qu’un nouveau programme de cessions et une accélération de ses investissements dans les renouvelables et les infrastructures, après avoir vu ses résultats semestriels plonger sous l’effet du coronavirus.

Le fournisseur de gaz et d’électricité, également très actif dans la gestion des bâtiments et des équipements des entreprises et des collectivités locales, a précisé dans un communiqué que ces orientations constitueraient la feuille de route de son prochain directeur général, qu’il a prévu de nommer en septembre.

A moyen terme, l’ensemble des opérations envisagées pourraient conduire le groupe à plus que doubler le programme de cessions d’environ 4 milliards d’euros qu’il a précédemment annoncé.

Concernant ses “solutions clients”, qui rassemblent une très large gamme de services à forts besoins en main d’oeuvre dans l’énergie mais aussi dans des domaines aussi variés que la vidéosurveillance, la gestion des musées ou encore celle de prisons, Engie a décidé de conduire une revue stratégique de celles qui ne participent à “la réalisation des objectifs de transition énergétique” de ses clients.

Ces activités, représentant environ deux tiers du chiffre d’affaires des solutions clients (de 21 milliards d’euros en 2019), “seront analysées à la lumière de leur alignement avec les priorités stratégiques du groupe” et “toutes les options seront évaluées avec l’objectif de valoriser et conforter leur position, et de saisir les opportunités de croissance au sein d’un périmètre cohérent et avec une organisation adaptée”.

Une source proche du dossier déclarait ces derniers jours à Reuters qu’Engie s’orientait vers un regroupement de certaines de ces activités afin de créer un grand pôle qu’il introduirait ensuite en Bourse.

Engie prévoit aussi d’accélérer son développement dans les renouvelables, avec une cible de mise en service annuelle moyenne de capacités portée de 3 à 4 gigawatts (GW) à moyen terme et une augmentation du nombre de projets conservés sur son bilan, tout en saisissant “les opportunités résultant des plans de relance annoncés en Europe”, en particulier dans le gaz “vert” (biogaz et hydrogène).

“SIMPLIFIER” ET “CLARIFIER”

Le groupe veut aussi accélérer sa croissance dans les infrastructures décentralisées telles que les réseaux urbains de chaleur et de froid et les projets de production d’énergie sur sites de clients, et “rééquilibrer son exposition dans les réseaux de gaz et d’électricité en France et à l’international”.

La mise en oeuvre de ces orientations, qui visent à “simplifier notre organisation et (...) clarifier nos priorités”, selon le président du conseil d’administration Jean-Pierre Clamadieu, sera présentée au premier semestre 2021 et les projets qui en découleront feront l’objet d’une consultation des représentants du personnel.

Engie a par ailleurs enregistré au titre du premier semestre un résultat opérationnel courant (ROC) de 2,2 milliards d’euros (-30,8%), pénalisé par les effets du coronavirus à hauteur de 850 millions, un Ebitda de 4,5 milliards (-15,8%) et un chiffre d’affaires de 27,4 milliards (-9,3%).

Son résultat net récurrent part du groupe s’établit à 0,7 milliard d’euros (-50%) et son résultat part du groupe est tout juste positif, à 0,02 milliard (contre un bénéfice de 2,1 milliards un an plus tôt).

Engie se dit “préparé” pour le second semestre et s’attend à ce que ses performances se redressent par rapport au deuxième trimestre, le groupe visant pour 2020 - “dans l’hypothèse d’un retour à la normale progressif et continu” après les confinements survenus dans ses principales zones géographiques - un résultat net récurrent part du groupe entre 1,7 et 1,9 milliard d’euros.

Cet objectif repose sur une fourchette indicative d’Ebitda de 9,0 à 9,2 milliards d’euros et un ROC entre 4,2 et 4,4 milliards.

Avant la crise sanitaire, fin février, Engie visait pour 2020 un résultat net récurrent part du groupe compris entre 2,7 et 2,9 milliards d’euros, sur la base d’un Ebitda prévisionnel de 10,5 à 10,9 milliards.

Le groupe est confiant dans “l’amélioration substantielle de sa performance financière” après l’exercice en cours et, à moyen terme, “entend mener une forte reprise”. Il réaffirme aussi son intention de rétablir le paiement d’un dividende, après avoir annulé celui qu’il prévoyait de verser pour 2019. (Benjamin Mallet, édité par Blandine Hénault)

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