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Économie

Pour Botin (Santander), l'accord européen ouvre la voie à des fusions bancaires

MADRID (Reuters) - L’accord entre dirigeants européens sur un plan de relance économique de 750 milliards d’euros, financé par une dette commune, devrait favoriser le début d’un mouvement de consolidation entre les banques de la zone euro, a déclaré mardi la présidente de Santander, Ana Botin, à Reuters.

L'accord entre dirigeants européens sur un plan de relance économique de 750 milliards d'euros, financé par une dette commune, devrait favoriser le début d'un mouvement de consolidation entre les banques de la zone euro, a déclaré mardi la présidente de Santander, Ana Botin, à Reuters. /Photo prise le 29 janvier 2020/REUTERS/Susana Vera

“Ce qui a été convenu (...) signifie que l’opportunité et la probabilité que nous ayons une union bancaire et une consolidation transfrontalière sont bien plus élevées”, a dit Ana Botin lors d’un entretien sur Zoom.

“Cela va nécessiter des changements mais je pense que ces changements sont bien plus probables aujourd’hui qu’ils ne l’étaient hier”, a-t-elle poursuivi.

L’espagnole Santander est la deuxième banque de la zone euro par la capitalisation boursière derrière la française BNP Paribas.

La consolidation dans le secteur bancaire de la zone euro est perçue comme un mouvement inéluctable à terme afin de permettre aux établissements de gagner en taille mais les faibles valorisations actuelles et les différences de cadres juridiques d’un pays à l’autre continuent de freiner les volontés.

Les banques de la zone euro affichent en outre une faible rentabilité par rapport à leurs homologues américaines et la récession économique provoquée par la pandémie liée au nouveau coronavirus assombrit davantage leurs perspectives.

“Ce qui s’est passé (...) avec l’accord en Europe est un jalon évident pour l’union bancaire en Europe. Et l’union bancaire et les libres transferts d’euros entre les pays sont une condition préalable à des fusions transfrontalières dans la zone euro et à une consolidation”, a dit Ana Botin.

“Je pense vraiment que le moment est venu. Je pense vraiment que les banques européennes ont besoin de changer de taille”, a-t-elle ajouté, tout en soulignant que Santander ne comptait pas pour l’instant participer à une consolidation.

“A la date d’aujourd’hui, non, avec les règles actuelles, non. Quand les règles auront changé, qui sait. Même dans ce cas, je pense qu’il y en a d’autres qui sont probablement en avance sur nous.”

L’accord conclu à Bruxelles permet à la Commission européenne d’emprunter sur les marchés au nom de l’ensemble des 27 pays membres de l’UE, qui ont ainsi entériné le principe d’une dette commune.

“C’est vraiment important pour l’Europe, je pense que ça change la donne, c’est vraiment un virage dans la bonne direction”, a commenté Ana Botin, jugeant que cet accord serait “considéré avec le temps comme une étape essentielle dans la construction de l’Europe”.

A ses yeux, cet accord réduit les risques liés aux dettes souveraines dans la zone euro et écarte la menace d’une fragmentation du bloc.

“On aurait pu espérer quelque chose de plus grand mais pas quelque chose de mieux”, a-t-elle dit.

Avec Emma Pinedo; version française Bertrand Boucey

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