July 17, 2020 / 9:23 AM / 18 days ago

UE-Les 27 réunis pour un "moment de vérité" face à la crise

* Premier sommet en face à face depuis l’épidémie de coronavirus

* Divergences sur le plan de relance de 750 milliards d’euros

* Von der Leyen espère “ressortir de cette crise plus forts”

par Marine Strauss et Elizabeth Pineau

BRUXELLES/PARIS, 17 juillet (Reuters) - Les dirigeants de l’Union européenne se sont retrouvés physiquement vendredi à Bruxelles pour la première fois depuis le début de l’épidémie liée au coronavirus afin de tenter de se mettre d’accord sur un ambitieux plan de relance pour leurs économies exsangues.

“C’est un moment de vérité et d’ambition pour l’Europe”, a déclaré le président français Emmanuel Macron à son arrivée à ce sommet qui se tient au terme de semaines de tensions entre les 27 quant à l’ampleur et à la portée de ce plan de relance.

“Je suis confiant mais prudent”, a-t-il ajouté. “Nous ferons tout pour qu’un accord soit trouvé.”

“Si nous faisons les choses correctement, nous pourrons ressortir de cette crise plus forts”, a pour sa part déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a dit quant à elle s’attendre à des négociations “très, très difficiles” en raison des divergences de vues persistantes.

“Ce qui est en jeu, ce sont les principes d’unité et de solidarité européens”, a résumé le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis. “Des compromis seront peut-être nécessaires mais nous devons être certains de parvenir à une solution ambitieuse.”

Les conditions posées par les Pays-Bas et la menace d’un veto hongrois pèsent sur les chances de parvenir à un accord sur un fonds de relance doté de 750 milliards d’euros (composé de 250 milliards de prêts et 500 milliards de subventions), en complément du budget pluriannuel commun qui serait porté à 1.100 milliards d’euros sur sept ans (2021-27).

D’après l’Elysée, la France pourrait obtenir une subvention européenne de près de 40 milliards d’euros qui permettrait de financer son propre plan de relance national de 100 milliards.

RUTTE “PAS OPTIMISTE”

A l’orée du sommet prévu pour durer deux jours, mais qui pourrait déborder sur la journée de dimanche, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, s’est dit “pas optimiste”, alors que son pays réclame que les Etats membres bénéficiant du plan de relance acceptent en échange de réformer leur marché du travail et leur système de retraite, notamment.

A Bruxelles, les 27 dirigeants masqués, qui se sont parfois salué par un contact du coude, sont réunis dans une salle équipée et désinfectée au coeur d’un complexe européen où les journalistes sont absents.

Les enjeux sont grands pour des économies européennes très affectées par une crise profonde, notamment synonyme de chômage, qui pourrait déboucher sur un automne de colère dans les opinions publiques.

Le risque est grand pour la poursuite de l’intégration européenne, déjà fragilisée par la saga du Brexit et diverses querelles récentes, financières et migratoires notamment.

“Tout le monde sait que l’automne sera difficile”, a déclaré un haut fonctionnaire d’un Etat de l’UE. “Ce serait vraiment bien pour l’Europe d’envoyer un signal à tous que nous sommes unis.” (Avec Gabriela Baczynska à Varsovie, John Chalmers et la rédaction de Bruxelles, édité par Bertrand Boucey)

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