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Économie

Italie: L'Etat prend le contrôle d'Autostrade via la CDP

MILAN (Reuters) - L’Etat va reprendre en Italie le contrôle de milliers de kilomètres de réseau autoroutier à la faveur d’un accord avec Atlantia, dont le premier actionnaire, la famille Benetton, a accepté un désengagement dans Autostrade per l’Italia pour éviter une révocation de sa concession routière.

L'Etat va reprendre en Italie le contrôle de milliers de kilomètres de réseau autoroutier à la faveur d'un accord avec Atlantia, dont le premier actionnaire, la famille Benetton, a accepté un désengagement dans Autostrade per l'Italia pour éviter une révocation de sa concession routière. /Photo d'archives/REUTERS/Alessandro Bianchi

Rome a menacé de révoquer la concession dont dispose Autostrade per l’Italia après l’effondrement en 2018 du pont Morandi à Gênes, qui a fait 43 morts. Autostrade était chargée de l’exploitation de l’ouvrage.

A l’issue d’une réunion qui a duré toute la nuit de mardi à mercredi, la coalition gouvernementale a annoncé avoir reçu de nouvelles propositions de la part d’Atlantia et d’Autostrade concernant l’exploitation des autoroutes et a dit avoir entamé une procédure judiciaire en vue de régler ce litige.

Dans le cadre de l’accord, le groupe italien d’infrastructures Atlantia va céder une part majoritaire de 51% du capital de sa filiale d’autoroutes à la banque publique Cassa Depositi e Prestiti (CDP) et d’autres investisseurs institutionnels.

Pour cela, Atlantia procèdera à une augmentation de capital, qui va diluer sa part, qui est actuellement de 88% dans Autostrade. La filiale sera ensuite scindée et cotée en Bourse, la famille Benetton devant céder sa part à la CDP et d’autres investisseurs institutionnels au cours des 12 prochains mois.

Le groupe allemand Allianz, le français EDF et le chinois Silk Road Fund figurent parmi les autres actionnaires d’Autostrade.

“PISTOLET SUR LA TEMPE”

Le litige autour d’Autostrade, qui exploite environ 3.000 km du réseau autoroutier italien, a pris une tournure politique dans la péninsule, notamment sur le rôle de la puissante famille Benetton. Les membres de la coalition au pouvoir se sont montrés en outre divisés sur la façon de régler le conflit.

“Le gouvernement a affirmé un principe, qui a été bafoué par le passé, selon lequel les infrastructures publiques sont un bien public précieux”, a déclaré le président du Conseil, Giuseppe Conte, cité dans un communiqué.

A la Bourse de Milan, l’action Atlantia grimpait de plus de 25% en fin de journée, signant de loin la meilleure performance du Stoxx 600 (+0,82%).

Une révocation de la licence d’Autostrade aurait contraint le groupe à rembourser une dette d’environ 10 milliards d’euros et aurait déstabilisé Atlantia.

La famille Benetton détient 30% d’Atlantia, qui contrôle également le gestionnaire d’aéroports ADR et le groupe de paiement électronique aux péages Telepass.

Giuseppe Conte a déclaré que l’accord devrait être avalisé de manière “limpide et lisible” pour que la menace de révocation des concessions soit levée.

Une source proche de la famille Benetton a déclaré que l’accord entre l’administrateur délégué d’Atlantia, Carlo Bertazzo, et le ministre de l’Economie, Roberto Gualtieri, “avait été conclu avec un pistolet sur la tempe, mais qu’il n’y avait pas d’autre solution”.

Autostrade s’est en outre engagée à verser 3,4 milliards d’euros d’indemnisation, à accepter une méthode de calcul des tarifs routiers moins rémunératrice et à renoncer à toutes les procédures judiciaires contre l’Etat. Le groupe a aussi accepté qu’une clause facilitant la révocation de sa licence soit incluse dans le contrat de concessions autoroutières.

Version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault et Bertrand Boucey

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