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Économie

Hausse record de 7,1% du nombre de demandeurs d'emploi en mars en France

PARIS (Reuters) - Le nombre de demandeurs d’emploi n’exerçant aucune activité a bondi de 7,1% en France en mars - soit près de 250.000 personnes - l’instauration du confinement généralisé pour faire face à l’épidémie de nouveau coronavirus se traduisant par une hausse sans précédent des effectifs de la catégorie A, selon les données publiées lundi par le ministère du Travail et Pôle emploi.

Le nombre de demandeurs d'emploi n'exerçant aucune activité a bondi de 7,1% en France en mars - soit près de 250.000 personnes - l'instauration du confinement généralisé pour faire face à l'épidémie de nouveau coronavirus se traduisant par une hausse sans précédent des effectifs de la catégorie A, selon les données publiées lundi par le ministère du Travail et Pôle emploi. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

Constatant que cette “hausse historique” résulte principalement d’une chute des sorties de Pôle Emploi et non d’une explosion des inscriptions, le ministère du Travail souligne dans un communiqué que cette évolution reflète donc un gel des embauches et non des licenciements massifs par les entreprises françaises.

Le ministère voit dans ce constat le succès du “système protecteur” mis en place en France, sans lequel “le nombre de nouveaux chômeurs se compterait par millions, comme aux Etats-Unis par exemple.”

Dans le détail, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans aucune activité) en France (hors Mayotte) a connu le mois dernier une progression sans précédent depuis le début de la série en 1996, bondissant de 246.100 pour s’établir à 3.732.500, un niveau proche de celui de septembre 2017.

À titre de comparaison, la deuxième hausse mensuelle la plus importante, intervenue en mars 2009 durant la crise financière, s’établissait à 77.300 inscrits supplémentaires.

PAS DE LICENCIEMENTS MAIS UN GEL DES EMBAUCHES

En ajoutant les catégories B et C (personnes exerçant une activité réduite), le nombre d’inscrits tenus de rechercher un emploi a progressé de 3,1% - soit 177.500 personnes - là encore un record.

La deuxième progression mensuelle la plus forte pour l’effectif des trois catégories A, B et C était également intervenue pendant la crise financière, en mars 2009, avec 77.300 inscrits supplémentaires.

“Cette hausse, historique, s’explique par le fait que les personnes qui étaient au chômage en février le sont toujours en mars: chaque mois, ce sont environ 550.000 personnes qui entrent et 550.000 personnes qui sortent de Pôle emploi. Or, en raison de la crise sanitaire et du confinement, on constate une forte baisse des sorties de Pôle emploi ce mois-ci”, souligne le ministère du Travail dans un communiqué.

De fait, l’accroissement des effectifs cumulés des trois catégories A, B et C le mois dernier recouvre une chute des sorties (-29,0%) combinée à une nette augmentation des entrées (+5,5%), la mise en place du confinement ayant conduit “à des non-renouvellements de mission d’intérim ou de contrats courts ainsi qu’à une baisse des embauches en contrats de courte durée”, souligne le ministère dans son communiqué.

“Le chômage augmente donc parce que les entreprises, dans le contexte actuel, n’embauchent plus, mais pas parce qu’elles licencient massivement”, est-il souligné dans ce communiqué.

10,8 MILLIONS DE SALARIÉS PROTÉGÉS PAR LE CHÔMAGE PARTIEL

Pour le ministère du Travail, ces chiffres soulignent que le système d’activité partielle mis en place par le gouvernement “protège donc puissamment les emplois et les salariés”.

Pour éviter que les difficultés économiques découlant de la crise sanitaire ne se traduisent par des licenciements susceptibles de faire bondir le taux de chômage en France, le gouvernement a mis en place un dispositif grâce auquel l’Etat et l’Unedic remboursent aux entreprises le montant des rémunérations qu’elles versent à leurs salariés placés en chômage partiel.

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a précisé lundi matin dans un tweet que 10,8 millions de salariés du secteur privé relevant de 863.000 entreprises bénéficiaient à ce jour de ce dispositif.

Les statistiques des demandeurs d’emploi publiées par la Dares (Direction des études et des statistiques du ministère du Travail) mettent par ailleurs en évidence que la hausse enregistrée le mois dernier a concerné toutes les tranches d’âge, qu’il s’agisse des moins de 25 ans (+7,9%), des 25-49 ans (+7,8%) ou des 50 ans ou plus (+5,1%).

Cette progression des inscrits, qui s’est manifestée dans toutes les régions à l’exception de la Guyane, est par ailleurs plus forte chez les hommes (+8,6%) que chez les femmes (+5,5%).

Myriam Rivet pour le service français, édité par Jean-Philippe Lefief

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