April 15, 2020 / 11:56 AM / 4 months ago

La dégradation de la qualité du crédit en Europe s'accélère-Moody's

PARIS, 15 avril (Reuters) - L’érosion de la qualité du crédit s’accélère en Europe, ce qui rend les entreprises faiblement notées de plus en plus vulnérables et les aides publiques ne suffiront pas à inverser la tendance, avertit Moody’s Investors Service dans une note sur les émetteurs privés européens mercredi.

L’agence a abaissé les notes de 104 émetteurs “corporate” notés en catégorie spéculative sur le seul mois de mars et en a dégradé 35 autres entre le 1er et le 9 avril, des décisions qui concernent au total 22% de sa couverture “junk”.

Et “les abaissements de notes vont se poursuivre dans les prochains mois”, prévient-elle en précisant que 37% des notes en catégorie spéculative sont assorties de perspectives négatives.

Pour Moody’s, l’accès à la liquidité et aux marchés reste le facteur de risque primordial pour les émetteurs “high-yield”. Or le marché primaire européen est pratiquement à l’arrêt et même si l’activité reprend, les investisseurs seront plus sélectifs, ce qui se traduira par “des prix plus élevés pour les émetteurs qui souhaitent refinancer des échéances 2021 et une raréfaction des sources de financement pour les émetteurs notés B ou en dessous”.

L’agence estime que les résultats à venir pourraient se traduire par des ruptures de “covenants” et que certaines entreprises, même si elles disposent dans un premier temps de liquidités suffisantes pour survivre aux confinements, sont exposées à plus long terme, “la chute irréversible des liquidités menant à des défauts ultérieurement”.

Elle juge en outre que les dispositifs d’aide massifs mis en oeuvre par les pouvoirs publics dans la plupart des pays européens “seront soit inaccessibles aux émetteurs en catégorie spéculative, soit moins efficaces que pour les sociétés en catégorie d’investissement”.

Pour Moody’s, les secteurs les plus exposés aujourd’hui sont la distribution non-alimentaire, le tourisme, les loisirs et le divertissement, qui représentent environ 25% des émetteurs et de l’encours de dette notée en catégorie spéculative qu’elle couvre. Mais d’autres secteurs sont exposés indirectement, comme les services aux entreprises, la chimie ou la métallurgie.

Quant au compartiment des télécommunications, qui représente à lui seul 15% de l’encours de la catégorie, “il est résistant et n’est pas directement exposé à l’épidémie de coronavirus”, mais risque de souffrir en 2021 “à cause de la corrélation entre l’évolution du PIB et le chiffre d’affaires des télécoms, généralement avec un décalage d’un an”. (Marc Angrand)

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