April 15, 2020 / 8:21 AM / 4 months ago

LEAD 3-Coronavirus-Trump suspend le financement de l'OMS, provoque l'incompréhension

(Actualisé avec nouvelles réactions)

WASHINGTON/PEKIN/BERLIN, 15 avril (Reuters) - En demandant à son administration de cesser de financer l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Donald Trump, qui accuse l’agence onusienne d’avoir “failli à ses devoirs essentiels” dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus, a provoqué un concert de désapprobation.

Le président américain, qui s’exprimait mardi lors d’un point de presse à la Maison blanche, a ajouté que l’organisation avait encouragé la “désinformation” chinoise au sujet du virus, ce qui aurait conduit à une épidémie plus importante, et qu’elle doit donc en “être tenue pour responsable”.

La suspension du financement de la part des Etats-Unis était prévisible, Donald Trump étant de plus en plus critique envers l’organisation alors que la crise sanitaire se poursuit.

Les Etats-Unis sont le plus gros contributeur au budget de l’OMS, à laquelle ils ont versé plus de 400 millions de dollars en 2019, soit environ 15% du total.

A Genève, le directeur général de l’OMS a regretté cette décision, estimant au contraire que l’époque était à l’unité dans le combat commun contre le coronavirus, un “ennemi dangereux”.

“Les Etats-Unis d’Amérique ont été un ami généreux et de longue date de l’OMS et nous espérons que cela continuera d’être le cas”, a ajouté Tedros Adhanom Ghebreyesus mercredi lors d’une conférence de presse.

L’agence onusienne, a-t-il précisé, tente d’évaluer l’impact de la décision américaine et “essaiera de combler les trous avec ses partenaires”.

Réagissant avant lui, le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, a jugé que “ce n’était pas le moment” de réduire les ressources de l’OMS. “C’est à présent le temps pour l’unité et pour la communauté internationale de travailler ensemble et solidairement pour arrêter ce virus et ses conséquences graves”, a-t-il dit.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a abondé dans le même sens. “(Je) regrette profondément la décision des Etats-Unis de suspendre le financement de l’OMS. Rien ne justifie cette décision à un moment où leurs efforts sont plus que jamais nécessaires”, a-t-il écrit sur Twitter.

“UN PAS DANGEREUX DANS LA MAUVAISE DIRECTION”

La France “regrette” elle aussi la décision de Donald Trump et espère un “retour rapide à la normale” de sorte “que l’OMS, qui fait face à une épidémie inédite tout comme l’ensemble des pays du monde, puisse effectuer de manière sereine le travail qui est le sien”, a déclaré mercredi la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, estime qu’un renforcement de l’OMS est au contraire nécessaire.

“Le virus ne connaît pas de frontières. Nous devons travailler en étroite collaboration contre le COVID-19. L’un des meilleurs investissements est de renforcer l’Onu, en particulier l’OMS sous-financée, par exemple pour développer et distribuer des tests et des vaccins”, a-t-il déclaré sur Twitter.

La Chine, de son côté, a exhorté mercredi les Etats-Unis à s’acquitter de leurs obligations envers l’OMS. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a déclaré à la presse que la décision des Etats-Unis affecterait tous les pays du monde.

Patrice Harris, président de l’American Medical Association, l’une des plus importantes associations de médecins et d’étudiants en médecine des Etats-Unis, a déclaré que la décision de Donald Trump constituait un “dangereux pas dans la mauvaise direction qui ne facilitera pas la défaite du COVID-19”. Il a exhorté le président américain à reconsidérer sa décision.

L’élue démocrate Nita Lowey, qui dirige la commission de la Chambre des représentants des Etats-Unis fixant les dépenses du gouvernement, a estimé que Donald Trump commettait une erreur.

“Le coronavirus ne peut pas être vaincu seulement ici, aux Etats-Unis, il doit être vaincu partout dans le monde”, a-t-elle déclaré.

Les Etats-Unis sont devenus l’épicentre de la pandémie qui a fait à ce stade 25.700 morts et plus de 600.000 contaminations, selon un décompte de Reuters.

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BREAKINGVIEWS-Trump’s WHO slight opens door to U.S. philanthropy (Jeff Mason et Patricia Zengerle, avec Marine Pennetier à Paris, Stephanie Nebehay à Genève, Michelle Nichols aux Nations unies, Michelle Martin à Berlin et Gabriel Crossley à Pékin version française Camille Raynaud, Claude Chendjou et Henri-Pierre André, édité par Jean-Michel Bélot)

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