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Sociétés

LEAD 1-Coronavirus-Les Pays-Bas pressés d'infléchir leur position

(Actualisé tout du long)

BERLIN/BRUXELLES, 9 avril (Reuters) - Les pressions se sont multipliées sur le gouvernement néerlandais afin qu’il approuve un dispositif de soutien à l’économie européenne d’un montant de 500 milliards d’euros lors de l’Eurogroupe prévu ce jeudi et que l’Union européenne puisse ainsi sortir de l’impasse qui menace sa survie, selon les mots du président du Conseil italien Giuseppe Conte.

Après 16 heures de discussions étalées sur mardi et mercredi, la dernière réunion de l’Eurogroupe a abouti à un échec, les ministres des Finances de la zone euro n’étant pas parvenus à s’entendre sur les mécanismes communs à mettre en oeuvre pour surmonter la crise économique liée au coronavirus.

Les discussions, qui opposent certains pays du nord de l’Europe emmenés par les Pays-Bas, hostiles à toute mutualisation des dettes ou tout crédit sans conditions strictes, à d’autres comme l’Italie, plus endettés et plus durement frappés par l’épidémie, doivent reprendre ce jeudi à partir de 15h00 GMT.

Mais les clivages restent vifs au sein de l’Eurogroupe et le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, l’a rappelé jeudi, soulignant une fois de plus que l’avenir de l’Europe était en jeu.

“Il faut une solution économique et sociale au niveau européen”, a-t-il dit à la BBC. “C’est un défi considérable pour la survie de l’Europe.”

“Si l’Europe échoue à élaborer la politique monétaire et financière dont elle a besoin pour répondre au défi le plus important qu’elle ait vécu depuis la Seconde Guerre mondiale, les Italiens, mais aussi les Européens, seront déçus”, a-t-il prévenu.

3.200 MILLIARDS

Le projet, qui porterait à 3.200 milliards d’euros la réponse adressée par l’Union européenne à la crise sanitaire, inclut des mesures qui doivent être adoptées au plus tôt pour produire tous leurs effets.

Il comprend toutefois des dispositions controversées qui font resurgir le clivage déjà perceptible lors de la crise de la zone euro, notamment sur la question des conditions d’accès au Mécanisme européen de stabilité (MES).

Seuls contre tous, les Pays-Bas exigent que des critères très stricts soient fixés et qu’ils soient ajustés Etat par Etat. Cette position est inacceptable pour Rome qui redoute d’apparaître comme étant sous la tutelle de l’Union européenne alors que l’Italie juge qu’elle n’est pas responsable de la crise sanitaire.

Plusieurs responsables l’assurent: un accord est à portée de main et il ne reste que quelques détails sémantiques à régler, mais leur portée symbolique grippe le processus.

“Nous ne sommes plus très loin”, a dit un responsable de la zone euro. “Les Pays-Bas devront bouger un peu, sinon, une fois de plus, ça ne fonctionnera pas.”

Plusieurs pays ne cachent plus leur exaspération devant l’intransigeance des Pays-Bas. Une source à l’Elysée a ainsi déploré mercredi la position “incompréhensible” du gouvernement néerlandais.

Jeudi, le ministre allemand de l’Economie Peter Altmaier a promis que Berlin et Paris uniraient leurs voix pour faire avancer le dossier.

“Il est primordial qu’une décision soit prise aujourd’hui sur les 500 milliards d’euros qui sont en discussion, c’est une somme incroyablement élevée qui pourrait aider beaucoup de gens, tout particulièrement dans les pays les plus touchés, l’Espagne et l’Italie”, a déclaré Peter Altmaier sur la radio Deutschlandfunk.

“Je suis certain qu’Olaf Scholz (le ministre allemand des Finances) et son collègue Bruno Le Maire (son homologue français) parviendront à faire aboutir ce projet aujourd’hui et nous y travaillons tous”, a-t-il ajouté.

IMMORALITE

L’Allemagne, comme les Pays-Bas et l’Autriche, continue toutefois de refuser d’aller sur le terrain des “coronabonds”, des émission en commun d’emprunts obligataires dans la zone euro, et elle a reçu sur ce point le soutien de la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde.

“Je ne crois pas qu’il faille faire une fixation sur les ‘coronabonds’”, a-t-elle dit dans une interview accordée au Parisien.

“Une forme de mutualisation de la dette existe déjà via le Mécanisme européen de stabilité, la Banque européenne d’investissement ou les emprunts que peut contracter l’Union européenne.”

Le ministre autrichien des Finances Gernot Blümel a appuyé le propos ce jeudi. S’il s’est dit prêt au compromis pour qu’un accord soit trouvé, il a insisté pour rappeler le refus de son pays à l’émission de coronabonds.

“Il est immoral que les pays qui ne respectent pas les règles quand tout va bien demandent ensuite à ce que l’on fasse preuve de solidarité à leur égard”, a-t-il lancé. (Michelle Martin avec Gabriela Baczynska à Bruxelles version française Nicolas Delame, édité par Henri-Pierre André)

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