February 26, 2020 / 3:15 PM / a month ago

GESTION-Attention aux "bulles" dans la finance verte-Jupiter

PARIS, 26 février (Reuters) - L’engouement grandissant des investisseurs pour la finance durable entraîne des risques de “bulles” spéculatives qu’il faut surveiller attentivement, dit-on chez Jupiter Asset Management.

L’investissement responsable est devenu incontournable avec la multiplication des fonds spécialisés et la généralisation de l’application des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), explique à Reuters Charlie Thomas, responsable de la stratégie environnement et développement durable chez Jupiter AM et gérant de plusieurs fonds thématiques.

Les flux considérables drainés par les fonds indiciels côtés (ETF) sont souvent montrés du doigt pour expliquer l’envolée de certaines valeurs du secteur mais ils ne sont pas les seuls responsables, selon lui.

“Ce n’est pas seulement les ETF, c’est aussi la gestion active, parce que toutes les sociétés d’investissement s’y mettent, et tous les gérants aussi”, dit-il. “Cela veut dire que beaucoup d’actifs se retrouvent dans les fonds thématiques ou dans les ETF, ce qui fait gonfler les multiples, et c’est quelque chose à quoi il faut faire attention.”

Certains exemples sont connus, comme celui du danois Orsted , une entreprise de services aux collectivités (“utility”) qui s’est éloignée du gaz pour devenir leader sur le front de l’éolien “offshore”.

Sa capitalisation a bondi de plus de 100% sur les trois dernières années, ce qui a conduit Jupiter AM à réduire son exposition au titre sans l’écarter pour autant.

“Je ne parlerais pas encore de bulles, même si l’on pourrait peut-être pour un ou deux cas, mais plutôt d’ampoules, qui sont encore relativement petites mais qui grossissent”, poursuit Charlie Thomas, qui invite à regarder avec prudence les titres très à la mode avec des valorisations tendues.

Parmi les cas douteux pourrait se ranger Tesla dont la capitalisation a gonflé pour dépasser celle de Volkswagen , qui jouit pourtant d’une capacité de production et d’un chiffre d’affaires sans commune mesure avec ceux du constructeur de véhicules électriques, dit-il.

Le phénomène n’est pas inhabituel dans le secteur, avec des “bulles” retentissantes dans un passé récent, notamment sur l’éolien puis sur le solaire quelques années plus tard, deux énergies renouvelables qu’il serait pourtant idiot d’enterrer, ajoute le gérant.

“Le solaire, en particulier, est à nouveau très attrayant avec la baisse des coûts de production et une technologie qui ne cesse de progresser”, dit-il. “Il deviendra l’énergie renouvelable la moins chère, c’est certain.”

L’exemple du solaire illustre la loi d’Amara, du nom d’un chercheur américain, qui définit une tendance à surestimer l’impact technologique à court terme mais à le sous-estimer sur le long terme, explique Charlie Thomas.

“Je crois fermement à cette loi qui s’applique parfaitement à mon secteur”, dit-il. (Patrick Vignal, édité par Jean-Michel Bélot)

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